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    B. Merta, A. Sommerlechner, H. Weigl (Hg.): Vom Nutzen des Edierens (Benoît-Michel Tock)

    Francia-Recensio 2008/1 Mittelalter – Moyen Âge (500–1500)

    Vom Nutzen des Edierens. Akten des internationalen Kongresses zum 150-jährigen Bestehen des Instituts für Österreichische Geschichtsforschung. Wien 3.–5. Juni 2004, hg. von Brigitte Merta, Andrea Sommerlechner und Herwig Weigl, Munich (Oldenbourg) 2005, 398 p., 1 DVD Rom (Österreichische Geschichtsforschung, 47), ISBN 3-486-57860-X, EUR 49,80.

    rezensiert von/compte rendu rédigé par

    Benoît-Michel Tock, Strasbourg

    L’Institut für Österreichische Geschichtsforschung est, on le sait, une citadelle de l’érudition, ses chercheurs participant de longue date à un très grand nombre de projets, notamment d’édition de textes. Il était donc dans son rôle en organisant, à l’occasion de son 150 e anniversaire, un colloque sur le thème de l’édition des textes anciens. 34 contributeurs, à une exception près tous européens, ont participé à cette rencontre, donnant naissance à un ouvrage d’une très grande richesse, aussi bien par la diversité des thèmes traités que par la profondeur des articles. Les thèmes abordés sont nombreux et il n’est pas possible de les présenter tous ici. Ce qui retient avant tout l’attention, c’est la diversité des problématiques. Pour les sources narratives ou épistolaires, les problèmes sont traditionnels, mais exacerbés par l’accumulation de l’érudition produite par plusieurs générations de chercheurs. Pour apporter du nouveau, pour justifier une nouvelle édition de texte, ou pour parvenir à une nouvelle édition, les chercheurs actuels doivent donc faire preuve de beaucoup de finesse. C’est ce que montre par exemple A. Dugan quand elle attribue à Jean de Salisbury la rédaction de lettres de Thomas Becket, ou P. Bourgain quand elle réinterprète la tradition manuscrite de Grégoire de Tours. Quant à R. Berndt, il rappelle à partir de l’exemple de Hugues de Saint-Victor que le problème de l’édition des œuvres d’un auteur se posait déjà au Moyen Âge. Du côté des textes diplomatiques les choses sont différentes. S’il y a, là aussi, de nouvelles éditions de textes déjà édités (et dans le cas des diplômes mérovingiens de Theo Kölzer c’était plus qu’une nécessité), les difficultés viennent surtout de l’effet de masse, le nombre de textes à éditer (inédits ou mal édités) étant tout à fait considérable. Malgré le relatif optimisme qu’inspire O. Guyotjeannin quand il constate une hausse récente du nombre des éditions d’actes en France, il faut être réaliste et songer aux possibilités qu’offrent aussi bien les regestes que la numérisation. Résumer un document sous la forme de regeste ne résout pas tout. L. Schmugge rappelle à cet égard l’accueil réservé que reçut en 1897 le premier volume du »Repertorium Germanicum«, dont on craignait, à juste titre d’ailleurs, qu’il ne soit terminé avant longtemps. On peut envisager aussi une simple indexation, comme dans le cas des ordonnances de police sur lesquelles travaille K. Härter. Le travail s’en trouve facilité, et donc accéléré, mais les informations transmises sont très laconiques. Le problème est d’importance, et beaucoup d’auteurs en parlent, comme F. M. Bischoff, qui donne des moyennes de temps nécessaire pour regester un acte. Mais comme le relèvent I. Ress et P. Bertrand, la seule numérisation des manuscrits (qu’il s’agisse des originaux ou de copies) ne permet pas vraiment d’en faciliter l’utilisation. En revanche, il y aurait à développer les possibilités offertes par la numérisation des documents, accompagnée de la mise au point de regestes, ou au moins d’analyses, pourvu que l’ensemble soit mis en libre accès sur le réseau électronique (K. Graf souligne d’ailleurs l’importance de l’ Open Access ). Lorsque le lien entre l’image et les informations qui lui sont liées est bien construit, le travail peut avancer très vite: les quelque 100 000 pages de manuscrits de Cologne mis sur internet par Manfred Thaller font rêver. D’une manière générale, les facilités de reproduction des documents manuscrits, que ce soit sur support imprimé ou électronique, rendent quelque peu obsolètes les éditions diplomatiques ou imitatives, telles que les présente M. P. Alberoni: l’apport de l’éditeur n’est plus dans la reproduction mais dans la compréhension, l’interprétation et la critique des documents. À côté des regestes, il y a aussi les index. Curieusement, les éditeurs de textes ne semblent pas s’interroger à ce sujet, alors même que la rédaction d’ index rerum fait en partie double emploi avec l’insertion des textes dans des bases de données (il faudrait à cet égard poser le problème de la lemmatisation). En revanche, A. Bolvig, présentant sa base de données de peintures murales danoises au Moyen Âge, et intitulant d’ailleurs de manière très significative sa communication »Éditer et publier les peintures murales médiévales sur Internet«, pose ce problème, car pour lui, comme toujours dès qu’il s’agit de cataloguer des peintures ou des œuvres d’art, l’indexation est totalement indispensable.

    Les organisateurs du colloque ont eu la bonne idée de ne pas s’enfermer dans le noyau dur des éditions: les éditions de textes médiévaux. Quelques communications portent sur des sources plus récentes, donc sur des périodes qui posent bien plus vivement encore la question de la masse des sources disponibles. On peut prendre l’exemple de la correspondance des nonces, tel que le présente St. Samerski. L’édition de ces correspondances a commencé dès l’ouverture des archives vaticanes aux chercheurs en 1879, et depuis lors les volumes s’accumulent de manière exponentielle. Même des documents du XX e s. sont concernés, comme la nonciature d’Achille Ratti, futur pape Pie XI, en Pologne de 1918 à 1921. W. Schulze rappelle d’ailleurs l’existence déjà ancienne de programmes d’édition des textes pour la période contemporaine. Au passage il souligne à juste titre que la nouvelle orientation de la politique de la recherche, en Allemagne comme en France, privilégie les projets à court ou moyen terme et refuse désormais de prendre en compte les projets à long terme, ce que sont en général les grands programmes d’éditions de textes. C’est un point important, car cette politique, qui vise (et c’est souvent utile) à dynamiser la recherche, peut aussi avoir comme effet pervers d’étouffer les travaux de longue haleine. On peut d’ailleurs ajouter que le danger est le même pour le travail bibliographique. D’autres communications portent sur des sources non écrites. On a déjà évoqué les peintures murales, on peut y ajouter les armoriaux, les cartes … Ce livre montre combien l’édition de documents reste au cœur de la démarche historique actuelle, qu’elle y a même pris plus de place qu’elle n’en occupait ces dernières décennies. Elle s’est adaptée, ou essaie de s’adapter, au contexte politique mais surtout scientifique et technologique. Malgré tout, on a là surtout l’exposé de projets, de programmes, de réalisations, sans vraie unité ni synthèse, sans même qu’un index permette au lecteur de rechercher facilement les différents avis portant sur un même problème.

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    PSJ Metadata
    Benoît-Michel Tock
    B. Merta, A. Sommerlechner, H. Weigl (Hg.): Vom Nutzen des Edierens (Benoît-Michel Tock)
    CC-BY-NC-ND 3.0
    Wissen, Wissenschaft, Methoden, Kultur allg., Historische Hilfswissenschaften
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    Mediävistik (4038217-5), Edition (4132033-5), Urkunde (4062132-7), Neuzeit (4171678-4), Quelle (4135952-5)
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    B. Merta, A. Sommerlechner, H. Weigl (Hg.): Vom Nutzen des Edierens (Benoît-Michel Tock)
    In: Francia-Recensio 2008/1 | Mittelalter – Moyen Âge (500–1500)
    URL: https://prae.perspectivia.net/publikationen/francia/francia-recensio/2008-1/MA/Merta_Tock
    Veröffentlicht am: 26.10.2008 23:39
    Zugriff vom: 28.09.2020 11:33
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