Direkt zum Inhalt | Direkt zur Navigation

    G. Kortenkamp: Die Urkunden des St. Nikolaus-Hospitals in Bernkastel-Kues an der Mosel (Olivier Guyotjeannin)

    Francia-Recensio 2008/2 Mittelalter – Moyen Âge (500–1500)

    Gottfried Kortenkamp (ed.), Die Urkunden des St. Nikolaus-Hospitals in Bernkastel-Kues an der Mosel, hg. vom St. Nikolaus-Hospital/Cusanusstift, Trier (Kliomedia) 2005, 399 p. (Geschichte und Kultur des Trierer Landes, 3), ISBN 3-89890-077-0, EUR 65,00.

    rezensiert von/compte rendu rédigé par

    Olivier Guyotjeannin, Fontenay-aux-Roses

    Sise de part et d’autre de la Moselle, à mi-chemin entre Coblence et Trèves, la localité double de Bernkastel-Kues doit beaucoup de sa notoriété au grand cardinal et mystique Nicolas Crifftz/Krebs, alias de Cues, qui en 1458 mena à son accomplissement institutionnel la fondation d’un hôpital et d’une chapelle dédiée à son saint patron. La maison semble bien procéder de la réforme et de l’accroissement d’une petite structure préexistante et, plus clairement encore, de l’achèvement d’un projet du père de Nicolas, un batelier aisé nommé Johannes, mort en 1449 ou 1450. La gestion de l’hôpital, de fait, fut largement, aux premiers temps, une affaire de famille, dont les membres (un frère puis un neveu) ou les protégés furent recteurs en même temps souvent que curés du bourg, alors même qu’une sœur du cardinal, Clara Krebs, épouse d’un échevin de Trèves, compléta la dotation et s’y fit inhumer. Les premières années portèrent aussi, tout naturellement, l’empreinte profonde de la personnalité et des intérêts du cardinal, partagé entre la cour pontificale et son difficile évêché de Brixen/Bressanone. L’acte de stabilisation de la fondation en 1458 (n° 57 de l’édition), qui donne aussi les statuts de l’hôpital, et le testament du cardinal, rédigé à Todi peu de temps avant sa mort en 1464 (n° 74), sont de véritables morceaux d’anthologie sur la piété et la réforme des institutions au milieu du XVe siècle, et curieusement se trouvaient fort peu accessibles – puisque aussi bien le grand-œuvre des »Acta Cusana« (1979–96) n’a pas dépassé pour l’heure l’année 1452. En 1458, avec une observance inspirée de celle des chanoines réguliers de Windesheim, et diverses prescriptions reflétant l’humilité des occupants (vêtements sombres, cellules désignées par de simples lettres de l’alphabet …), l’hôpital était prévu pour accueillir trente-trois pauvres (on en prévoyait quarante en 1453), un par année de vie du Christ, âgés et non mariés ou séparés de leur femme, entrée en religion, dont six à la présentation de diverses autorités, dont aussi six nobles et six prêtres, mais tous du diocèse de Trèves et si possible du voisinage. Le testament, dispensateur de nouvelles largesses, fut aussi l’occasion d’une extension de la vocation primitive à celle d’un collège, accueillant vingt écoliers pour sept ans à compter de leur quatorzième ou quinzième année, et légataire de la bibliothèque du cardinal. Celui-ci fut enseveli dans son titre romain, mais son cœur gagna l’hôpital.

    Protégée des papes successifs qu’avait côtoyés Nicolas, la maison fut bénéficiaire de nombreuses bulles et de nombreuses visites, qui éclairent d’autant l’histoire des années suivant le décès du fondateur. Cette période, marquée de multiples conflits, est aussi riche en acquisitions de rentes par les exécuteurs testamentaires, et qui étoffent le fonds d’actes d’horizons divers (rentes sur les villes de Deventer, où l’on sait l’importance des liens noués par le futur cardinal, et de Boppard, rente sur le tonlieu de Coblence, etc.). La politique d’acquisition et d’exploitation foncière se lit aussi à d’autres sources, comme le plus ancien censier, daté de 1459 (édité en appendice), de multiples actes d’achat et de don, qui recourent plus souvent à l’allemand, et encore une multitude d’actes antérieurs, parvenus avec les acquisitions par des chemins souvent complexes (avec un beau dossier primitif sur des maisons à Trèves). Les mêmes pratiques archivistiques expliquent que plusieurs lettres pontificales regardant la carrière du cardinal se retrouvent dans le chartrier, dont elles augmentent l’intérêt et la variété. Des siècles dits modernes, par contre, la documentation (elle aussi toujours conservée sur place et plus volontiers traitée par de simples regestes) laisse de moins en moins apercevoir l’évolution, puisque la richesse informative se déplace vers les documents de gestion, exclus de la collection diplomatique ici retenue: du total de 273 documents, 71 viennent encore du XVIe siècle, mais 38 seulement du XVIIe et 9 du XVIIIe, sans omettre une agréable pièce d’historiographie avec cette lettre de 1819 où Johannes Görres rend compte de sa visite des lieux. Mêlant les documents les plus modestes et les plus locaux à une belle et originale ouverture sur la vie de l’Église au XVe siècle, l’édition est fort bien menée, pourvue de généreux regestes accompagnés ou non des textes originaux, et de quelques reproductions de documents (trois lettres pontificales, les deux actes du cardinal de 1458 et 1464, la plaque tombale de sa sœur). Une carte de localisation et une synthèse même brève de l’histoire de l’hôpital (la dernière monographie remonte à 1907) n’auraient pas été de trop dans ce volume dont l’intérêt appelle une diffusion au-delà du cercle de l’histoire régionale.

    Lizenzhinweis: Dieser Beitrag unterliegt der Creative-Commons-Lizenz Namensnennung-Keine kommerzielle Nutzung-Keine Bearbeitung (CC-BY-NC-ND), darf also unter diesen Bedingungen elektronisch benutzt, übermittelt, ausgedruckt und zum Download bereitgestellt werden. Den Text der Lizenz erreichen Sie hier: http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/3.0/de

    PSJ Metadata
    Olivier Guyotjeannin
    G. Kortenkamp: Die Urkunden des St. Nikolaus-Hospitals in Bernkastel-Kues an der Mosel (Olivier Guyotjeannin)
    CC-BY-NC-ND 3.0
    Deutschland / Mitteleuropa allgemein
    Geschichte allgemein
    2021192-2 4062132-7
    1370-1819
    St. Nikolaus-Hospital/Cusanusstift (2021192-2), Urkunde (4062132-7)
    PDF document 30_Kortenkamp_Guyotjeannin.doc.pdf — PDF document, 253 KB
    G. Kortenkamp: Die Urkunden des St. Nikolaus-Hospitals in Bernkastel-Kues an der Mosel (Olivier Guyotjeannin)
    In: Francia-Recensio 2008/2 | Mittelalter – Moyen Âge (500–1500)
    URL: https://prae.perspectivia.net/publikationen/francia/francia-recensio/2008-2/MA/Kortenkamp_Guyotjeannin
    Veröffentlicht am: 26.10.2008 23:49
    Zugriff vom: 27.01.2020 00:36
    abgelegt unter: