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    J. Wintzer (Bearb.): Der Auswärtige Ausschuß des Deutschen Bundestages. Sitzungsprotokolle 1965-1969 (Matthieu Osmont)

    Francia-Recensio 2008/2 19./20. Jahrhundert – Histoire conteporaine

    Der Auswärtige Ausschuß des Deutschen Bundestages. Sitzungsprotokolle 1965–1969. Eingeleitet von Joachim Wintzer. Bearbeitet von Joachim Wintzer, unter Mitwirkung von Wolfgang Hölscher, Stephanie Urbach, Benedikt Wintgens. Erster Halbband: Dezember 1965 bis Dezember 1967, Düsseldorf (Droste) 2006, CLXVI–714 p.; Zweiter Halbband: Januar 1968 bis August 1969. Beilage: CD-ROM, 715–1476 p. (Quellen zur Geschichte des Parlamentarismus und der politischen Parteien. Vierte Reihe. Deutschland seit 1945, 13/V), ISBN 3-7700-5272-2, EUR 160,00.

    rezensiert von/compte rendu rédigé par

    Matthieu Osmont, Paris

    L’édition récente des procès-verbaux des réunions de la commission des affaires étrangères du Bundestag entre 1965–1969 met à la disposition des chercheurs une source inédite et importante pour l’histoire de la politique étrangère de la République fédérale d’Allemagne. L’ouvrage fait suite aux volumes consacrés aux années 1949–1965, qui ont été publiés entre 1998 et 2004. Il comporte l’intégralité des 96 procès-verbaux existants pour la période 1965–1969, associés à un riche appareil critique, réalisé sous la direction de Joachim Wintzer (de l’université de Heidelberg). Étant donné l’importance du rôle du Bundestag en matière diplomatique, il s’agit là de documents essentiels pour l’histoire des relations internationales. L’introduction rédigée par Wintzer offre également des clés de lecture très utiles sur le rôle de la commission des affaires étrangères et sur les dossiers marquants des années 1965–1969, une période marquée par la formation de la »grande coalition« CDU/CSU-SPD en décembre 1966, un contexte inédit dans lequel l’élaboration de la politique étrangère prend de nouvelles formes.

    La lecture des procès-verbaux permet de suivre l’action des ténors de la vie parlementaire allemande dans les années 1960. Parmi les 31 membres de la commission se trouvent en effet des personnalités importantes de la CDU/CSU, de la SPD et de la FDP. On peut citer notamment Hermann Kopf (CDU), le président de la commission depuis 1960, réélu à la tête de la commission après la victoire de la coalition CDU/CSU-FDP aux élections de septembre 1965. D’autres parlementaires jouent un rôle important, parmi lesquels Carlo Schmid (SPD), vice-président de la commission jusqu’en décembre 1966, Olaf von Wrangel, un des leaders de la CDU ou encore Theodor von Guttenberg (CSU). Au sein des chrétiens démocrates, le conflit entre »atlantistes« et »gaullistes« perd en intensité dans la deuxième moitié des années 1960, même s’il ressurgit à l’occasion de certaines crises franco-allemandes. Du côté social-démocrate, la présence des plus hauts responsables du Parti au sein de la commission, à l’image du président du groupe parlementaire social-démocrate au Bundestag, Helmut Schmidt, illustre l’importance des questions de politique étrangère pour l’opposition. Les libéraux de la FDP, s’ils ne comptent que deux parlementaires au sein de la commission, jouent un rôle important durant la »grande coalition«: ils constituent alors à eux seuls l’opposition parlementaire. Outre les parlementaires, des représentants du gouvernement – parfois le chancelier, plus souvent son ministre des affaires étrangères – ainsi que des hauts fonctionnaires de l’Auswärtiges Amt et d’autres ministères assistent aux réunions. Entre 1965 et 1969, quatre dossiers retiennent particulièrement l’attention des membres de la commission: la question allemande et en particulier le statut de Berlin, la coopération européenne et les relations franco-allemandes, l’Ostpolitik, et, enfin, les négociations autour du Traité de Non Prolifération nucléaire.

    Dans la deuxième moitié des années 1960, la doctrine Hallstein suscite un débat de fond au sein de la commission des affaires étrangères du Bundestag. Si un consensus existe sur le caractère prioritaire de la réunification, l’application stricte du principe du droit exclusif de la RFA à représenter l’Allemagne dans son ensemble divise les parlementaires. Une majorité des députés chrétiens-démocrates reste ferme sur la non reconnaissance de la RDA, contredisant en cela l’intérêt des sociaux-démocrates pour un renouvellement des contacts avec l’Est. Ce clivage perdure pendant la »grande coalition«. À partir de 1967, on voit ainsi le ministre des affaires étrangères social-démocrate, Willy Brandt, prendre ses distances vis-à-vis du chancelier Kiesinger sur la doctrine Hallstein. À l’occasion d’un voyage à Bucarest durant l’été 1967, Brandt affirme qu’il faut »tenir compte des réalités existantes« – des propos qui suscitent le mécontentement des députés chrétiens-démocrates en commission. Les deux partis s’entendent toutefois pour défendre le statut quadripartite de Berlin face aux tentatives du gouvernement est-allemand pour le remettre en cause. La commission des affaires étrangères montre d’ailleurs symboliquement sa solidarité avec le Sénat de Berlin-Ouest en se réunissant dans l’ancien bâtiment du Reichstag à Berlin, le 2 octobre 1968.

    En matière de politique européenne, une majorité des parlementaires est favorable à une intégration plus poussée et à l’entrée de la Grande-Bretagne dans le Marché Commun – des positions qui vont à l’encontre de la diplomatie gaulliste. Après le retrait français du commandement intégré de l’OTAN et la crise de la chaise vide en 1965, les relations franco-allemandes se détériorent. Ces deux événements renforcent la position des députés »atlantistes« face aux »gaullistes«, minoritaires au sein des chrétiens-démocrates. Après la formation du gouvernement de »grande coalition«, les critiques à l’égard de la politique gaulliste demeurent vives – en particulier lors du deuxième veto français à la candidature britannique. Le Chancelier Kiesinger est alors obligé de tempérer les ardeurs de certains députés qui insistent pour que le gouvernement fédéral réagisse fermement à la décision française. À cette occasion, les procès-verbaux attestent clairement que la commission a contribué à durcir les positions du gouvernement fédéral vis-à-vis de la France.

    Par ailleurs, cette période est marquée par les débuts d’une ouverture à l’Est ou Ostpolitik, promue par le gouvernement fédéral. Si la signature d’accords commerciaux avec les pays d’Europe de l’Est emporte le consensus chez les parlementaires, l’étape suivante – la reprise d’échanges diplomatiques avec ces pays – s’avère moins évidente, car elle implique une remise en cause de la doctrine Hallstein. La SPD et la FDP y sont globalement favorables; les chrétiens-démocrates, de leur côté, posent des conditions. L’examen détaillé des débats en commission montre que les positions individuelles sur cette question dépendent moins de l’appartenance partisane que d’autres facteurs. L’adhésion à une association de réfugiés des territoires de l’Est ou des Sudètes peut expliquer par exemple l’opposition de certains députés à une reconnaissance définitive de la ligne Oder-Neisse comme frontière à l’Est. Après la répression du Printemps de Prague par les chars soviétiques en 1968, les chrétiens-démocrates sont sceptiques sur la possibilité de poursuivre l’Ostpolitik et la Détente. À l’opposé, les sociaux-démocrates pensent qu’il n’y a pas d’alternative à cette politique. Ces divergences d’opinion entre les deux partis au pouvoir annoncent déjà la rupture de 1969.

    Les négociations sur le Traité de non-prolifération nucléaire sont le dernier dossier important examiné par la commission. La RFA doit-elle se rallier au projet américain au prix d’un renoncement définitif au nucléaire militaire? Pour plusieurs députés, il est du devoir moral des Allemands de participer au désarmement nucléaire international. Brandt pose des conditions pour que la RFA puisse signer le traité, notamment le lien entre la non acquisition de l’arme par les pays non nucléarisés et le désarmement progressif des puissances nucléaires. Malgré cela, le Traité de Non Prolifération nucléaire n’est toujours pas signé par la RFA en juillet 1969, du fait de l’opposition durable de certains députés au traité.

    Outre ces quatre dossiers principaux, les réunions de la commission des affaires étrangères sont l’occasion pour les députés d’examiner un grand nombre de questions internationales, que ce soit à l’occasion d’un rapport du ministre après une rencontre internationale ou lors des débats qui suivent le compte rendu d’un voyage parlementaire à l’étranger. La commission est bien un acteur important de la politique étrangère en RFA, notamment parce qu’elle a su défendre jalousement son droit à être tenue informée sur tous les dossiers, même les plus confidentiels. Elle apparaît aussi comme la gardienne de la souveraineté de la RFA, à travers l’attention particulière qu’elle prête à toutes les affaires ayant un rapport avec les frontières de l’Allemagne. Par ailleurs, les contacts qu’elle a entretenus avec les parlements étrangers jouent un rôle diplomatique non négligeable, en particulier avec les pays d’Europe de l’Est. La commission est enfin le lieu privilégié où les dissensions au sein de la coalition gouvernementale se manifestent. La lecture des procès-verbaux de la commission des affaires étrangères du Bundestag rend ainsi parfaitement visible la concurrence permanente entre Brandt et Kiesinger sur les questions de politique étrangère.

    Cet ouvrage constitue par conséquent une source précieuse pour qui s’intéresse à l’histoire des relations internationales. Il constitue un complément utile aux documents diplomatiques allemands publiés pour la même période. Le chercheur pourra apprécier également la richesse des références bibliographiques et archivistiques – qui constituent une part importante de l’appareil critique de l’ouvrage. De plus, la version numérique, jointe au volume papier, s’avère très pratique, permettant une recherche rapide par mots-clés. On attend donc le prochain volume des procès-verbaux de l’Auswärtige Ausschuss des Deutschen Bundestages avec impatience!

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    Matthieu Osmont
    J. Wintzer (Bearb.): Der Auswärtige Ausschuß des Deutschen Bundestages. Sitzungsprotokolle 1965-1969 (Matthieu Osmont)
    CC-BY-NC-ND 3.0
    Neuere Zeitgeschichte (1945-heute)
    Deutschland / Mitteleuropa allgemein
    Politik
    1940 - 1949, 1950 - 1959, 1960 - 1969
    2116123-9
    1949-1969
    Deutschland / Bundestag (2116123-9)
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    J. Wintzer (Bearb.): Der Auswärtige Ausschuß des Deutschen Bundestages. Sitzungsprotokolle 1965-1969 (Matthieu Osmont)
    In: Francia-Recensio 2008/2 | 19./20. Jahrhundert – Histoire contemporaine
    URL: https://prae.perspectivia.net/publikationen/francia/francia-recensio/2008-2/ZG/Wintzer_Osmont
    Veröffentlicht am: 26.10.2008 23:50
    Zugriff vom: 17.01.2020 19:45
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