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    V. Vourkoutiotis: Making common cause (Anne Hogenhuis-Seliverstoff)

    Francia-Recensio 2008/3 19./20. Jahrhundert – Histoire contemporaine

    Vasilis Vourkoutiotis, Making Common Cause. German-Soviet Secret Relations, 1919–22, Basingstoke (Palgrave Macmillan) 2006, 200 p., ISBN 978-0-230-00644-7, GBP 45,00.

    rezensiert von/compte rendu rédigé par

    Anne Hogenhuis-Seliverstoff, Paris

    Vassili Vourkoutiotis nous offre une étude très sérieuse sur la teneur des relations secrètes nouées entre l’Allemagne post-impériale et la Russie soviétique. Les premiers contacts remontent à la défaite allemande, et à la révolution qui lui fut concomitante, alors que la république de Weimar n’était pas encore sortie des limbes. Le danger d’un rapprochement germano soviétique s’est en effet matérialisé lorsque les spartakistes ont laissé planer la possibilité d’une collusion révolutionnaire entre les deux pays. Le mouvement fut décapité dès janvier 1918, mais la résurrection d’une collusion entre Berlin et Moscou, sous d’autres variantes politiques, restait tout aussi menaçante pour l’Europe dessinée à Versailles, et en particulier pour son »rejeton«, selon l’expression employée par Brockdorff-Rantzau, la Pologne.

    Un rapprochement a en effet eu lieu, dès les lendemains de la défaite, grâce à Karl Radek, qui pour avoir aidé les spartakistes était emprisonné à la prison berlinoise de Moabit, et y conversa par l’intermédiaire d’Enver pacha puis des membres de l’establishment et de la Reichswehr. De nombreuses rumeurs circulaient à ce sujet sans que les chancelleries occidentales veuillent y ajouter foi, les jugeant exagérées, et les supposant peut-être concoctées par les services polonais, ceci jusqu’à ce que survienne le coup de tonnerre du traité de Rapallo signé en marge de la conférence de Gênes par Rathenau et Tchitcherine. L’occupation de la Ruhr en janvier1923 devait accroître d’autant plus les craintes au sujet du sort de la Pologne.

    C’est l’histoire de ces tentatives multiples et souvent contradictoires que retrace et discute l’auteur, afin de savoir ce qui s’est passé, ce que l’on en a su, ainsi que ce que l’on en a cru. Certes les épisodes concernant la politique de la Reichswehr et celle de l’Auswärtiges Amt sont connues, mais l’intérêt se porte sur les contradictions existant au sein des responsables politiques aussi bien à Moscou qu’à Berlin, en particulier ceux qui opposent les agents de l’Internationale aux responsables militaires.

    Le tableau ainsi dressé est des plus intéressants. L’auteur se fonde sur diverses sources d’archives, allemandes russes, anglaises et françaises. L’apport des sources soviétiques est indéniablement capital. Il s’appuie d’autre part largement sur les documents britanniques, mais il évoque aussi les documents diplomatiques français, publiés pour 1920 et 1921 sous la direction de Jacques Bariéty. On ne peut que regretter que la documentation pour l’époque de Gênes n’ait pas encore été accessible. On retrouve en effet sous le gouvernement de Poincaré des réminiscences de ce que fut à l’époque de la conclusion de l’alliance franco-russe »le trio infernal«: le chantage mutuel entre l’Allemagne, la France et la Russie ainsi que des tentatives françaises pour rompre la collusion germano soviétique en se rapprochant de Moscou. Elles se matérialisent au début de 1923 par l’autorisation donnée à l’entreprise Salmon de vendre à l’Armée rouge des moteurs d’avion, ceci passant outre aux mises en garde de quelques personnalités sur les bénéfices que pourrait en tirer l’aviation allemande pour ses propres appareils fabriqués en Russie. On peut parler à Paris d’une politique des yeux fermés destinée à minimiser un danger de coopération germano-soviétique que l’on ne pouvait se risquer à nommer sans avouer l’impasse où avait mené le traité de Versailles. Un ouvrage muni d’un appareil bibliographique impressionnant (encore qu’on puisse y ajouter l’étude des relations franco-soviétiques de 1917 à 1925), que l’on ne peut que conseiller de lire à tous ceux qu’intéresse cette période cruciale de l’après guerre.

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    PSJ Metadata
    Anne Hogenhuis-Seliverstoff
    V. Vourkoutiotis: Making common cause (Anne Hogenhuis-Seliverstoff)
    CC-BY-NC-ND 3.0
    Deutschland / Mitteleuropa allgemein, Osteuropa
    Politikgeschichte
    1920 - 1929
    4011882-4 4077548-3 4003846-4
    1919-1922
    Deutschland (4011882-4), Sowjetunion (4077548-3), Außenpolitik (4003846-4)
    PDF document 12_Vourkoutiotis_Hogenhuis.doc.pdf — PDF document, 86 KB
    V. Vourkoutiotis: Making common cause (Anne Hogenhuis-Seliverstoff)
    In: Francia-Recensio 2008/3 | 19./20. Jahrhundert – Histoire contemporaine
    URL: https://prae.perspectivia.net/publikationen/francia/francia-recensio/2008-3/ZG/Vourkoutiotis_Hogenhuis
    Veröffentlicht am: 26.10.2008 23:59
    Zugriff vom: 20.01.2020 15:32
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