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A. Plassmann, Origo gentis (Magali Coumert)

Francia-Recensio 2009/1 Mittelalter – Moyen Âge (500–1500)

Alheydis Plassmann, Origo gentis. Identitäts- und Legitimitätsstiftung in früh- und hochmittelalterlichen Herkunftserzählungen, Berlin (Akademie Verlag) 2006, 458 p. (Orbis mediaevalis. Vorstellungswelten des Mittelalters, 7), ISBN 978-3-05-004260-2, EUR 69,80.

rezensiert von/compte rendu rédigé par

Magali Coumert, Brest

L’ouvrage d’A. P. reprend le mémoire d’habilitation qu’elle a soutenu à l’université de Bonn en 2004. Il est consacré aux textes que H. Grundmann puis H. Wolfram ont défini comme des origines gentium : ils relatent les origines lointaines d’un peuple, puis les différents étapes qui l’amenèrent à établir son autorité sur un nouveau territoire. L’auteur présente les textes composés entre le VI e et le XII e siècle en Occident pour y étudier la façon dont ils participèrent à la définition d’une identité ethnique et à la légitimation de son pouvoir. Elle aborde successivement les récits consacrés aux origines des peuples britanniques, contenus dans les œuvres de Gildas et de Bède, l’ Historia Brittonum et la »Chronique anglo-saxonne«, puis les présentations des origines franques et lombardes dans les »Histoires« de Grégoire de Tours, la »Chronique« dite de Frédégaire, l’ Origo gentis Langobardorum et l’»Histoire des Lombards« de Paul Diacre.

L’auteur distingue ensuite de nouveaux contextes de rédaction des récits d’origine, car si les peuples britanniques, franc et lombard s’installèrent sur d’anciens territoires de l’Empire romain, Normands et Saxons s’établirent sur les marges des territoires francs tandis que les Polonais et les Tchèques ( Boemi ) s’imposèrent à leur tour à l’Empire romano-germanique. L’auteur s’intéresse à la justification de leur pouvoir par les récits des origines qui leur sont respectivement consacrés dans les œuvres de Dudon de Saint-Quentin, Widukind de Corvey, l’auteur dit Gallus Anonymus et Cosmas de Prague. Chacun des textes évoqué fait l’objet d’une étude approfondie, depuis les conditions de son élaboration jusqu’aux significations précises de son récit des origines ethniques. La démarche comparative parait d’emblée justifiée, tant ces textes se comprennent en relation les uns avec les autres.

Une brève synthèse reprend les éléments communs dégagés de ces études particulières. A. P. met en avant la façon dont chaque auteur a construit son récit pour servir la construction d’un royaume ou d’un duché. L’origine de chaque peuple est toujours située hors du territoire où il exerce son pouvoir et la narration repose sur une migration et un événement fondateur. La distinction par rapport aux autres peuples est soulignée par le récit d’affrontements guerriers. L’identité ethnique est renforcée par la présentation positive d’un passé commun, mais l’auteur rédige celle-ci en fonction du présent et de l’avenir du peuple concerné. Si l’unité du peuple est l’objet principal des récits du haut Moyen Âge, ceux du Moyen Âge central insistent, quant à eux, sur l’existence d’une famille de souverains ainsi que sur la conquête territoriale et les frontières qui en découlent. Le territoire apparaît aussi comme un des éléments expliquant le nom du peuple dans les textes de cette époque, alors que les récits antérieurs l’expliquaient le plus souvent par référence à un héros éponyme, à une qualité ou à une action d’éclat. Le pouvoir exercé par un groupe ethnique apparaît le plus souvent comme légitimé de l’extérieur, qu’il s’agisse d’une intervention providentielle ou de la réaction à la souveraineté d’un autre peuple, comme les Romains. La légitimité se cristallise autour de la figure du souverain, caractérisé par sa justice, son courage et sa capacité à restaurer la paix dans la communauté, mais la participation des grands à son pouvoir, à travers la pratique du consensus, est aussi évoquée dans les récits d’origine.

Cette recherche s’inscrit dans la lignée des travaux de l’»école de Vienne«, qui, sous la direction d’H. Wolfram puis de W. Pohl, a multiplié les travaux consacrés à l’ethnogenèse, c’est-à-dire à la formation des peuples considérée comme un processus politique, impulsé par des souverains s’appuyant sur une identité ethnique. Dans cette perspective, la présentation d’une origine commune apparaît comme une fiction politique. La recherche d’A. P. permet à l’étude des récits d’origine de sortir de l’aporie d’une approche traditionnelle visant à distinguer les éléments véridiques des inventions érudites. Ici est envisagé le sens général de chaque narration, quelle que soit l’origine des éléments qu’elle utilise. Ainsi, ces récits sont analysés comme des produits de leur époque de rédaction et interprétés dans ce contexte précis. L’auteur recourt aux apports de l’historiographie européenne la plus récente et mène sa démonstration avec une grande clarté.

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PSJ Metadata
Magali Coumert
A. Plassmann, Origo gentis (Magali Coumert)
CC-BY-NC-ND 3.0
Frühes Mittelalter (600-1050), Hohes Mittelalter (1050-1350)
Europa
Ideen- und Geistesgeschichte
6. - 12. Jh.
4015701-5 4071769-0 4159600-6 4041282-9
500-1100
Europa (4015701-5), Geschichtsbild (4071769-0), Herkunftssage (4159600-6), Nationalbewusstsein (4041282-9)
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A. Plassmann, Origo gentis (Magali Coumert)
In: Francia-Recensio 2009/1 | Mittelalter – Moyen Âge (500–1500)
URL: https://prae.perspectivia.net/publikationen/francia/francia-recensio/2009-1/MA/Plassmann_Coumert
Veröffentlicht am: 08.04.2009 18:30
Zugriff vom: 17.10.2019 05:09
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