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    J. Plum, Französische Kulturpolitik in Deutschland 1945–1955 (Monique Mombert)

    Francia-Recensio 2009/1 19./20. Jahrhundert – Histoire contemporaine

    Jacqueline Plum, Französische Kulturpolitik in Deutschland 1945–1955. Jugendpolitik und internationale Begegnungen als Impulse für Demokratisierung und Verständigung, Wiesbaden (Deutscher Universitäts-Verlag) 2007, XII–347 p.,ISBN 978-3-8350-6080-7, EUR 39,90.

    rezensiert von/compte rendu rédigé par

    Monique Mombert, Strasbourg

    L’intérêt pour les politiques culturelles des puissances occupantes en tant que préhistoire de la République fédérale a connu des vagues successives conditionnées par l’accès à des sources de plus en plus variées. Les stratifications successives permettent aux travaux actuels de se consacrer à l’approfondissement et à l’élargissement du questionnement. C’est là que se situe le livre de Jacqueline Plum dont il est rendu compte ici.

    Tirant profit des travaux sur la politique française en Allemagne depuis les années 1980, elle étend la perspective au-delà de la période de l’occupation, en prenant pour terminus ad quem l’accès de la République fédérale à la souveraineté relative en 1955, ce qui entraîne automatiquement un changement de perspective, de la politique en Zone française d’occupation vers une politique »allemande«. Le cadre ainsi élargi, la politique culturelle est considérée non pas dans son ensemble mais limitée au secteur de la jeunesse, et plus particulièrement au domaine extrascolaire. Le cadrage annoncé est cependant outrepassé quand l’auteure intègre à ses considérations des initiatives privées, en marge de la politique d’occupation, au point d’être parfois en contradiction avec elle, comme celle de Jean du Rivau, qui transgressait pour ses relations inter-zones les consignes du gouvernement militaire, ou de l’Institut franco-allemand de Ludwigsburg, qui se voulait indépendant de toute tutelle française.

    Après une introduction consacrée au bilan de la recherche et aux réflexions sur la rééducation, la première moitié de l’ouvrage est centrée sur la politique de la section »Jeunesse et sports« de la Direction de l’éducation publique au sein du gouvernement militaire de la ZFO. La périodisation tient compte des réorientations de la politique culturelle française et des événements politiques internationaux, pour s’interroger sur leur interdépendance, dans l’optique des deux missions de la politique culturelle française, la démocratisation des jeunes Allemands et l’entente franco-allemande. L’auteure analyse la prise en compte par le Quai d’Orsay de la dimension culturelle, pour en faire un des »piliers« de la politique extérieure française. Le traité de l’Élysée et la création de l’OFAJ, aboutissement et couronnement d’une politique culturelle qui misait sur les échanges de jeunes Allemands et Français fait l’objet du dernier chapitre. L’objectif visé en 1963 avec la création de l’Office franco-allemand pour la jeunesse était-il strictement bilatéral ou européen? À cette question, qui clôt l’ouvrage, la tutelle française apportait la réponse »qu’il ne saurait être question d’utiliser les moyens financiers mis à la disposition de cet organisme pour étendre son activité à des jeunes gens d’autres nationalités«.

    La cohérence du propos est due entre autres au fil conducteur de la continuité d’une politique par-delà la période de l’occupation, grâce au rôle central de personnalités, dont Jean Charles Moreau, responsable de la section »Jeunesse et sports« au sein de la Division de l’éducation publique dirigée par Raymond Schmittlein, puis, après une brève parenthèse à l’UNESCO, chargé des relations culturelles au ministère des Affaires étrangères. Les réflexions et projets de Moreau, dont Plum expose l’évolution de façon exhaustive à partir d’une exploitation systématique des sources d’archives, servent d’unité de mesure à l’auteure dans son analyse de la politique culturelle jusque dans les années 1950. Si les constantes de la politique culturelle à destination de la jeunesse allemande, répondant à la fois au besoin de sécurité de la France et à la volonté de fonder une mentalité démocratique durable en ZFO, étaient connues par les travaux auxquels l’auteure a pu se référer, elle établit, en reconstituant l’activité du service Jeunesse et Sports, le récit historique sur le plan institutionnel et politique qui faisait jusqu’alors défaut.

    La dimension géopolitique liée à la guerre froide et l’évolution interne de la République fédérale dans les premières années de la division de l’Allemagne constituent l’arrière-plan de la politique culturelle au tournant des années 1950. L’importance accordée à l’épisode du rassemblement à la Loreley pendant l’été 1951, présenté comme l’apogée d’une politique culturelle d’échanges et de rencontre de jeunes, est justifiée par le rôle que Moreau joua dans son organisation, et par la thèse de l’auteure, qui voit dans cette phase une réorientation de la politique culturelle française. Parallèlement à la préparation des traités qui donnèrent à la RFA en 1955 une souveraineté encore relative, le Quai d’Orsay mena avec le gouvernement allemand des négociations en vue d’accords culturels (1954), dont l’histoire est connue. Après ce texte »tombé dans l’oubli«, les négociations qui aboutirent en 1963 au traité de l’Élysée, et à la création de l’Office franco-allemand pour la jeunesse, dont Jacqueline Plum reconstitue l’élaboration laborieuse, sont présentées à juste titre comme un moment clé de la politique culturelle. L’étude repose ici pour une large part sur les archives politiques de l’Auswärtiges Amt, ce qui ne fait qu’en augmenter l’intérêt. Mais s’agit-il encore de politique culturelle »française«, alors que les partenaires allemands sont en mesure de faire échouer la politique française (comme ce fut le cas du volet linguistique des accords de 1954), et que le signe distinctif de l’OFAJ est la parité?

    L’étude apporte une pierre qui manquait à l’édifice de l’histoire de la politique culturelle française et des relations franco-allemandes. Un regret cependant: l’absence d’index, indispensable dans une monographie historique de cette qualité.

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    PSJ Metadata
    Monique Mombert
    J. Plum, Französische Kulturpolitik in Deutschland 1945–1955 (Monique Mombert)
    CC-BY-NC-ND 3.0
    Neuere Zeitgeschichte (1945-heute)
    Deutschland / Mitteleuropa allgemein, Frankreich und Monaco
    Politik
    1940 - 1949, 1950 - 1959
    4011882-4 4018145-5 4028870-5 4033581-1
    1945-1955
    Deutschland (4011882-4), Frankreich (4018145-5), Jugendaustausch (4028870-5), Kulturpolitik (4033581-1)
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    J. Plum, Französische Kulturpolitik in Deutschland 1945–1955 (Monique Mombert)
    In: Francia-Recensio 2009/1 | 19./20. Jahrhundert – Histoire contemporaine
    URL: https://prae.perspectivia.net/publikationen/francia/francia-recensio/2009-1/ZG/Plum_Mombert
    Veröffentlicht am: 09.04.2009 17:05
    Zugriff vom: 23.02.2020 20:40
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