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B. Klesmann, Bellum solemne (René Pillorget)

Francia-Recensio 2009/2 Frühe Neuzeit – Revolution – Empire (1500–1815)

Bernd Klesmann, Bellum solemne. Formen und Funktionen europäischer Kriegserklärungen des 17. Jahrhunderts, Mainz (Philipp von Zabern) 2007, VIII–357 S. (Veröffentlichungen des Instituts für Europäische Geschichte Mainz, Abteilung für Universalgeschichte, 216), ISBN 978-3-8053-3707-6, EUR 49,00.

rezensiert von/compte rendu rédigé par

René Pillorget, Paris

Sous ce beau titre lapidaire »Bellum Solemne«, M. Bernd Klesmann étudie la formalité de la déclaration de guerre entre deux princes, telle qu’elle a été formulée au cours du XVII e siècle, alors qu’elles furent nombreuses et, le plus souvent, particulièrement mises en forme.

De cette formalité, M. Klesmann a recherché les antécédents, très haut dans le temps. Ainsi, au collège des fetiales, ou fetiaux, chargés d’examiner les conflits entre le peuple romain et ses voisins. S’il trouvait sa patrie lésée, il décidait le lancement du javelot par-dessus la frontière, véritable signal de guerre. Par la suite, le rituel gagna en complexité.

Durant le Moyen Âge, au cours duquel s’expriment l’esprit chevaleresque, le goût du tournoi et, plus largement, du combat singulier, il est d’usage de lancer un défi à l’adversaire, signifié par l’envoi d’un roi d’armes, un héraut, personnage qui jouit d’une immunité personnelle, et vient chez l’adversaire potentiel de son maître, en compagnie d’un trompette et porteur d’un cartel. Le héraut, qui a des connaissances en blason, exerce, jusqu’à la fin du Moyen Âge, de véritables fonctions diplomatiques. Mais le défi et le tournoi constituent également une composante de la culture de la Renaissance. Ainsi, en 1557, la déclaration de guerre de Marie la Catholique à Henri II de France est portée par un héraut. Plus tard encore, la plus spectaculaire est celle de Louis XIII au cardinal-infant (peut-être la dernière de l’histoire) (p. 60–63). Le héraut d’armes, un officier gascon du nom de Gratiollet, se rendit à Bruxelles le 19 mai 1635, toque en tête, bâton de héraut en main, et précédé d’un trompette. Il éparpilla sur la multitude assemblée autour de lui, des copies de la déclaration royale du 12 mai 1635, signée de Louis XIII et de Albert Servien, protestant contre le fait que le cardinal-infant n’avait pas voulu rendre la liberté à l’archevêque-électeur de Trèves, Philippe-Christophe de Sötern. Lequel s’était mis sous la protection du roi. En conséquence, dit le texte, »Sa Majesté vous déclare qu’elle est résolue de tirer raison par les armes, de cette offense qui intéresse tous les princes de la chrétienté«.

En fait, entre guerre solennellement déclarée et guerre de fait, il existe une série de nuances intermédiaires, définies par les juristes. Ainsi, le débarquement de Gustave-Adolphe, en Allemagne, en 1630, est indiscutablement, ainsi que l’affirme l’Oxonien Richard Zouche, une guerre non déclarée (p. 19ss., 24, 26, 28–31). La recherche de M. Klesmann nous fait connaître les opinions et discussions des juristes sur des situations et des rituels complexes. Celles par exemple de Pufendorf, ou de Johann-Heinrich Boecler (p. 23–25, 31), qui fut professeur à Strasbourg.

Mais à ses lectures, M. Klesmann a joint de vastes dépouillements d’archives, au Quai d’Orsay, et dans les dépôts de Vienne, de Lucerne, comme de Zurich. Dans cet ouvrage, d’une grande richesse, il s’est appliqué à définir des points institutionnels, mais dans une attitude comparatiste. Celle-ci l’a porté à étudier les relations entre l’Occident chrétien et les Turcs, et même à enquêter dans les pays extra-européens.

L’un des aspects non moins intéressants de son livre réside dans l’appel à l’image (p. 292) et aux lettres, notamment à l’époque de Richelieu, avec la représentation, en 1642, au Palais-Royal, du célèbre drame »Europe« (p. 295). Et lors de la guerre de Hollande, l’appel aux armes de John Dryden et de Racine, auteur d’un éloge historique du roi sur ses conquêtes. Son »Mithridate«, représenté en 1673, évoque le principe de la »guerre juste«, et l’actualité directe. La tirade du souverain du Pont, qui veut envoyer ses fils combattre Rome – la plus longue du théâtre de Racine – semble s’adresser à la noblesse française. Ce recours à des œuvres littéraires et artistiques représentatives s’ajoute à l’ampleur de la documentation archivistique. Un beau livre, qui joint à une parfaite rigueur scientifique des ouvertures sur de multiples aspects de la civilisation européenne au XVII e siècle.

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PSJ Metadata
René Pillorget
B. Klesmann, Bellum solemne (René Pillorget)
CC-BY-NC-ND 3.0
Frühe Neuzeit (1500-1789)
Europa
Militär- und Kriegsgeschichte
17. Jh.
4015701-5 4165685-4
1600-1700
Europa (4015701-5), Kriegserklärung (4165685-4)
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B. Klesmann, Bellum solemne (René Pillorget)
In: Francia-Recensio 2009/2 | Frühe Neuzeit – Revolution – Empire (1500–1815)
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Veröffentlicht am: 11.09.2009 10:35
Zugriff vom: 27.01.2020 01:57
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