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    Rainer Murauer, Andrea Sommerlechner, Othmar Hageneder, C. Egger, R. Selinger, H. Weigl (Bearb.), Die Register Innocenz’ III. 10. Band (Benoît-Michel Tock)

    Francia-Recensio 2009/2 Mittelalter – Moyen Âge (500–1500)

    Die Register Innocenz’ III. 10. Band, 10. Pontifikatsjahr 1207/1208. Texte und Indices, bearbeitet von Rainer Murauer und Andrea Sommerlechner, gemeinsam mit Othmar Hageneder, Christoph Egger, Reinhard Selinger und Herwig Weigl, Wien (Verlag der Österreichischen Akademie der Wissenschaften) 2007, LXXXVIII–465 p., 4 Abb. (Publikationen des Historischen Instituts beim Österreichischen Kulturinstitut in Rom, Abt. 2: Quellen, 1. Reihe, 10), ISBN 978-3-7001-3684-2, EUR 165,00.

    rezensiert von/compte rendu rédigé par

    Benoît-Michel Tock, Strasbourg

    L’équipe autrichienne chargée de l’édition des registres d’Innocent III poursuit son travail avec efficacité, puisque la dixième année du pontificat de ce pape vient d’être publiée. Les 217 lettres correspondant à cette année se trouvent dans la première partie du Registre 7A des archives vaticanes, en compagnie des onzième et douzième années. L’édition est faite selon les principes habituels, avec, notamment, une description attentive du manuscrit et une identification soigneuse des personnes et des lieux cités.

    Le contenu des 217 lettres éditées est évidemment très divers. La question de la fausseté de documents est plusieurs fois évoquée: l’évêque et le doyen de Paris ayant consulté le pape au sujet de l’authenticité d’une décrétale produite devant eux, le pape reproduit cette décrétale avant de conclure (sans, malheureusement, le démontrer) que, bien qu’elle soit en partie conforme au droit, elle n’est pas authentique (n° 15); l’évêque de Nice avait utilisé une fausse lettre pontificale, mais s’excuse en prétendant qu’il ignorait cette fausseté, de sorte que le pape accepte de ne pas lui imposer les sanctions prévues contre les faussaires (n° 83). Il y a même des fausses coquilles de Saint-Jacques qui font l’objet d’un trafic en Espagne et en Gascogne (n° 78). D’une manière générale, le discrimen veri ac falsi ne paraît pas être une grande obsession du pape: lorsqu’il apprend que l’avocat de l’abbé de Péronne Mathieu conteste l’authenticité d’une lettre pontificale, il relate ses arguments (dans la salutatio le nom d’un archidiacre précède celui d’un doyen, le signe destiné à indiquer le nom de l’impétrant se trouve non au verso mais dans la marge, le »S« de salutem est écrit trop grand, l’accusateur n’est pas nommé) mais ne dit pas, ensuite, ce qu’il en pense. Il charge surtout le destinataire de sa décrétale de trancher quant au fond de l’affaire, de manière à donner du sens à l’incise si res ita se habet qui figure souvent dans les lettres (n° 80). Dans un autre cas, Innocent III dénonce ceux qui, s’appuyant sur des lettres qui lui ont été extorquées, procèdent à des jugements abusifs (n° 79). Il est vrai que les abus des puissants ne manquent pas. L’évêque du Puy, par exemple, avait décidé de lever une redevance contraire au droit canonique sur le remariage des veuves ou sur la sépulture des défunts, et voulait vaincre la résistance des citoyens à coup d’excommunications et d’interdit (n° 85).

    Le fonctionnement de l’Église séculière pose aussi un certain nombre de problèmes. Le roi de Hongrie voulait élever à l’archevêché de Kalocsa son beau-frère Berthold, que son jeune âge n’avait pas empêché de devenir prévôt du chapitre cathédral de Bamberg. Le pape chargea l’archevêque de Salzbourg de se rendre en Hongrie et, en compagnie d’évêques locaux, de faire passer un examen au jeune clerc. Celui-ci sut lire convenablement un texte, l’interpréter correctement dans sa langue et en expliquer la construction grammaticale. L’archevêque constata aussi que le prévôt avait l’air d’avoir au moins 25 ans, ce que confirma par serment le chevalier qui l’éduquait. Malgré tout, Innocent III décide de surseoir à l’approbation de cette élection, recommandant au roi de faire instruire son beau-frère en droit canonique et en exégèse (n° 39). Une même prudence est de mise dans l’empire de Constantinople: les évêques grecs ne peuvent être remplacés par des évêques latins que selon des procédures précises (n° 51). La prudence n’est pas le fait de tous: les moines de Clairvaux, accueillant un clerc malade, profitent de sa maladie pour lui imposer l’habit de novice. Le pape ordonne qu’on rende à ce novice malgré lui les revenus et biens qui lui appartenaient (n° 77). On apprend même que la richesse d’un clerc était un critère retenu pour son ordination. C’est en tout cas ce qu’indique une lettre adressée à l’évêque de Poitiers au sujet d’un clerc ayant atteint les ordres mineurs et souhaitant recevoir le sous-diaconat; l’évêque refuse de lui conférer ce grade, et Innocent III s’en indigne, puisque ce clerc, connaissant les lettres et les arts libéraux et disposant d’un patrimoine ainsi que d’un revenu annuel de 100 sous qu’un cousin se proposait de lui donner, avait tout ce qu’il fallait pour devenir sous-diacre (n° 157). Quant au chapitre Saint-Maclou de Bar-sur-Aube, désireux de réattribuer la prébende d’un chanoine parti en Hongrie depuis 20 ans, il doit accepter une solution de compromis et se contenter de nommer un vicaire (n° 199).

    On retrouve à plusieurs endroits le caractère pragmatique d’Innocent III. Un mariage à Tortona est-il contraire à l’interdiction de l’inceste? Ce n’est pas très grave, puisque cette alliance permettra d’éviter une guerre privée (n° 136). L’église de Compostelle est-elle régulièrement profanée par des rixes, des blessures et des meurtres entre pèlerins se disputant la garde de l’autel la nuit? Tant pis, la réconciliation pourra se faire par de l’eau bénite, du vin des cendres plutôt que par une reconsécration (n° 75). Contre les Juifs et les usuriers, en revanche, l’attitude est beaucoup plus raide (n° 61 et 190).

    La plus personnelle de ces lettres est sans doute celle par laquelle Innocent III exhorte l’archevêque de Consenza à garder confiance en Dieu et à continuer à lutter contre les forces du mal. Comment ne pas y voir une implication très personnelle de l’auteur du de miseria humane conditionis ?

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    PSJ Metadata
    Benoît-Michel Tock
    Rainer Murauer, Andrea Sommerlechner, Othmar Hageneder, C. Egger, R. Selinger, H. Weigl (Bearb.), Die Register Innocenz’ III. 10. Band (Benoît-Michel Tock)
    CC-BY-NC-ND 3.0
    Hohes Mittelalter (1050-1350)
    Europa
    Kirchen- und Religionsgeschichte
    6. - 12. Jh.
    4015701-5 118555642 4044562-8
    Europa (4015701-5), Innozenz III., Papst (118555642), Papsturkunde (4044562-8)
    PDF document Murauer-et-al_Tock.doc.pdf — PDF document, 103 KB
    Rainer Murauer, Andrea Sommerlechner, Othmar Hageneder, C. Egger, R. Selinger, H. Weigl (Bearb.), Die Register Innocenz’ III. 10. Band (Benoît-Michel Tock)
    In: Francia-Recensio 2009/2 | Mittelalter – Moyen Âge (500–1500)
    URL: https://prae.perspectivia.net/publikationen/francia/francia-recensio/2009-2/MA/Murauer-et-al_Tock
    Veröffentlicht am: 11.09.2009 09:55
    Zugriff vom: 22.01.2020 18:20
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