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    V. Bůžek, Ferdinand von Tirol zwischen Prag und Innsbruck (Jean Bérenger)

    Francia-Recensio 2010/2 Frühe Neuzeit – Revolution – Empire (1500–1815)

    Václav Bůžek, Ferdinand von Tirol zwischen Prag und Innsbruck. Der Adel aus den böhmischen Ländern auf dem Weg zu den Höfen der ersten Habsburger. Aus dem Tschechischen von Thomas Pimingsdorfer, Köln, Weimar, Wien (Böhlau) 2009, 378 S., ISBN 978-3-205-77776-2, EUR 39,00.

    rezensiert von/compte rendu rédigé par

    Jean Bérenger, Paris

    Cet ouvrage de Václav Buzek, traduit du tchèque par les soins des éditions Böhlau, est un signe du renouvellement de l’école historique tchèque. L’auteur aborde en effet le problème fort important et jusque-là négligé de l’intégration progressive des pays de la couronne de Bohême dans la Monarchie autrichienne et plus particulièrement de la fréquentation de la cour des Habsbourg par la noblesse de Bohême. Après son élection en 1526 comme roi de Bohême Ferdinand 1 er de Habsbourg se préoccupa d’abord de réformes administratives en créant au niveau du royaume de saint Wenceslas une chancellerie, une chambre des Comptes et une Cour d’Appel, chargé de collaborer avec les Etats de Bohême demeuré tout-puissants. Ces institutions, qui ont fonctionné sans interruption jusqu’à la révolution de 1848 ont permis d’associer la noblesse au gouvernement du pays. Mais la révolte des Etats de Bohême de 1547, animée en particulier par les villes libres, qui constituaient le 4 ème Ordre du pays, montra les limites de l’intégration, de sorte que Ferdinand 1 er confia à son second fils l’archiduc Ferdinand, né en 1529, le poste de gouverneur de Bohême en résidence à Prague Celui-ci va y demeurer 20 ans, alors qu’il passa les trente dernières années de sa vie à Innsbruck, où il avait vécu durant son enfance avec sa mère Anne Jagellon, mais ce qui est important, jamais il ne négligea la noblesse de Bohême. Le propos de l’auteur n’était pas d’écrire une biographie classique de l’archiduc Ferdinand, mais de montrer comment l’aristocratie bohême s’est progressivement intégrée dans la vie de cour soit à Prague, soit à Vienne. Celle-ci était d’abord réticente parce qu’elle était d’abord préoccupée de la gestion de ses immenses domaines de Bohême du Sud, qui constituaient la base de sa puissance et de sa richesse. La correspondance étudiée par l’auteur montre bien les réticences de ces familles, troublées par les longues absences répétées de ces magnats, obligés de suivre le souverain à Vienne et dans ses nombreux déplacements. L’intégration s’est faite petit à petit, grâce en particulier aux emplois auliques dont l’étude préoccupe désormais nos collègues d’Europe centrale. En particulier l’octroi de la clé d’or, qui permettait à un noble »provincial« d’accéder à la dignité de chambellan, en faisait un noble de Cour, susceptible de progresser ensuite dans la hiérarchie aulique. Trois familles se détachent du lot, les Neuhaus, les Rozemberk et les Lobkowitz, qui détiennent les grands offices de la Couronne – ceux de grand burgrave, de grand chambellan et de grand chancelier du royaume. À la cour de Vienne, une douzaine de lignages se partagèrent des emplois de chambellans titulaires et d’écuyers tranchants, dont l’activité était liée au servie personnel du souverain. Toutefois à la fin du règne de Ferdinand 1 er trois nobles bohêmes font déjà partie du Conseil privé, l’organe suprême de gouvernement de la Monarchie autrichienne, qui avait été créé par Ferdinand 1 er dès 1527. L’archiduc Ferdinand était, paraît-il le fils préféré de son père, qui au moment de sa mort en 1564, créa à son profit une secundo-géniture, en lui confiant la souveraineté sur le Tyrol et l’Autriche antérieure (qui englobait alors la Haute-Alsace avec la régence d’Ensisheim). Ce fut un tournant décisif dans la vie du jeune archiduc, âgé de 18 ans, qui eut à faire face aux grands problèmes politiques du temps, les querelles confessionnelles, la lutte contre le Turc toujours menaçant en Hongrie, et liée à ce conflit majeur, l’aggravation de la pression fiscale sur les pays de la Couronne de Bohême, qui devinrent vers 1560 les principaux contribuables au budget de la Monarchie. Si l’archiduc Ferdinand, qui était comme son père bon catholique sans être fanatique, s’efforça d’intensifier l’influence de l’Église romaine dans la vie quotidienne de ses sujets, il demeurait un prince de la Renaissance, qui aimait la guerre, la chasse, les tournois et les fêtes. Le 8 novembre 1558 en particulier il organisa l’entrée solennelle de son père à Prague qui venait d’être couronné empereur à Francfort, à la suite du décès de Charles Quint. À cette occasion, il mobilisa toute la noblesse de Bohême, caracola en hussard hongrois et fit traverser au cortège toutes les villes de Prague. De 1547 à 1567, l’archiduc résida à Prague, dont il fit une capitale. Il pratiquait la chasse à courre et la chasse au faucon, auxquelles il invitait volontiers la noblesse de Bohême. Il organisait également des tournois; toutes ces fêtes avaient un but politique, mettre en scène la dynastie et représenter ses vertus et ses exploits. Il s’inscrit ainsi dans la grande tradition du XVI e siècle qui met en scène le souverain en y associant la noblesse locale, jusqu’alors réservée, sinon hostile à l’égard des Habsbourg. Il la préparait ainsi à quitter ses châteaux pour venir prendre la place qui lui revenait à la cour impériale, le but étant d’intégrer les aristocraties des différents pays constituant la Monarchie autrichienne (Pays héréditaires, Bohême, Hongrie). Il a ainsi ouvert la voie à l’œuvre accomplie par son neveu l’empereur Rodolphe à partir de son installation à Prague en 1583. Ce qui est plus original, c’est qu’après avoir quitté Prague, il attira à Innsbruck une partie de la noblesse de Bohême. Grâce à son second mariage avec une princesse de Mantoue, il s’orienta vers l’Italie et Innsbruck devint, après 1567, une étape dans le Grand Tour que les jeunes aristocrates d’Europe centrale faisaient alors en Italie pour compléter leur éducation. Dans les fêtes qu’il organisait au château d’Ambras, non loin d’Innsbruck il introduisit une curieuse pratique en l’honneur de Bacchus, vider d’un seul trait un grand verre de vin (dont un modèle nous est fourni page XXVIII). Signalons à cette occasion la qualité de l’illustration, abondante et originale, qui dans un cahier central nous fournit des portraits des membres de la famille impériale. La bibliographie st abondante et l’ouvrage repose sur une enquête approfondie dans les archives de Vienne et de Bohême, renouant ainsi avec la grande tradition de l’historiographie autrichienne.

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    PSJ Metadata
    Jean Bérenger
    V. Bůžek, Ferdinand von Tirol zwischen Prag und Innsbruck (Jean Bérenger)
    CC-BY-NC-ND 3.0
    Frühe Neuzeit (1500-1789)
    Ostmitteleuropa
    Politikgeschichte
    16. Jh.
    4069573-6 119117304 4000464-8
    Böhmische Länder (4069573-6), Ferdinand Österreich, Erzherzog, 1529-1595 (119117304), Adel (4000464-8)
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    V. Bůžek, Ferdinand von Tirol zwischen Prag und Innsbruck (Jean Bérenger)
    In: Francia-Recensio 2010/2 | Frühe Neuzeit – Revolution – Empire (1500–1815)
    URL: https://prae.perspectivia.net/publikationen/francia/francia-recensio/2010-2/FN/buzek_berenger
    Veröffentlicht am: 02.06.2010 15:05
    Zugriff vom: 27.01.2020 00:39
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