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    A. Sanz, J. Elfassi, J. Martin, L’édition critique des œuvres d'Isidore de Séville (Cécile Lanéry)

    Francia-Recensio 2010/2 Mittelalter – Moyen Âge (500–1500)

    M a . A. Andrés Sanz, Jacques Elfassi, José Carlos Martin (éd.), L'édition critique des œ uvres d'Isidore de Séville. Les recensions multiples. Actes du colloque organisé à la Casa de Velázquez et à l'université Rey Juan Carlos de Madrid (14–15 janvier 2002), Turnhout (Brepols) 2008, 273 p. (Collection des études augustiniennes), ISBN 978-2-85121-222-1, EUR 29,00.

    rezensiert von/compte rendu rédigé par

    Cécile Lanéry, Paris

    Le colloque qui s’est tenu à Madrid, en 2002, réunissait différents spécialistes d’Isidore et de l’édition des textes médiévaux. Les œuvres du Sévillan ont été beaucoup copiées au Moyen Âge et la plupart d’entre elles nous sont parvenues en plusieurs recensions, ce qui complique le travail des éditeurs: ces derniers sont confrontés à des mss qui descendent d’archétypes distincts, eux-mêmes issus de révisions délibérées du texte qu’ils transmettaient. Le colloque était organisé en trois sessions, toutes suivies par une brève discussion.

    1. Œuvres exégétiques

    Dominique Poirel, »› Quis quid ubi quibus auxiliis cur quomodo quando . Les recensions multiples des Allegoriae d’Isidore de Séville « , p. 15–47: après un détour par le XII e s., l’auteur aborde le cas des Allegoriae isidoriennes. Sur la base de son édition du traité (thèse inéd. de l’École des chartes, 1986), il applique la méthode stemmatique pour isoler les trois recensions conservées. Deux d’entre elles, selon lui, pourraient remonter directement à Isidore. César Chaparro Gómez, » El De ortu et obitu patrum de Isidoro de Sevilla. El problema de su composición y transmisión « , p. 49–62: après un aperçu de la transmission du » De obitu « , l’auteur (et éditeur de ce traité aux éditions Les Belles Lettres, en 1985), revient sur les relations entre le » De ortu « d’Isidore et ses sources apocryphes, à la lumière nouvelle des travaux de Fran ç ois Dolbeau et José Carracedo Fraga. Au terme de son enquête, il estime que certaines notices du » De ortu « (emprunts au » Breviarium apostolorum « ; notices directement prélevées dans le » De ortu et obitu prophetarum et patriarcharum « ) doivent être considérées comme des interpolations. M a . A. Andrés Sanz, » Las recensiones de los In libros veteris et novi testamenti proemia ‹« , p. 63–80: après avoir établi que les » Proemia « furent conçus par Isidore comme un tout, une introduction générale à la Bible, l’auteur s’intéresse aux ajouts transmis par certains mss. En examinant le stemma, les caractéristiques internes de ces ajouts, mais aussi la tradition textuelle des traités isidoriens transmis avec les » Proemia « , l’auteur conclut à l’inauthenticité des additions.

    2. Œuvres historiques et Synonyma

    I. Isabel Velázquez Soriano, » La doble redacción de la Historia Gothorum de Isidoro de Sevilla « , p. 91–126: on dispose, pour l’ » Historia Gothorum « , de deux recensions, l’une brève (RB), l’autre longue (RL), que l’on considère généralement, à la suite de leur éditeur, Rodríguez Alonso (1975), comme toutes deux isidoriennes. L’examen de leurs différences tendrait à prouver l’antériorité de RB sur RL; mais en complétant son propre texte, Isidore en aurait aussi changé la tonalité: alors que RB se contente de décrire une succession de faits, RL entend vanter l’antiquité du peuple goth et sa domination en Espagne. José Carlos Martín, » Le problème des recensions multiples dans la Chronique d’Isidore de Séville « , p. 127–151: il existe au moins deux recensions de la » Chronique « isidorienne (CI-1 et CI-2), et toutes deux seraient authentiques. Plusieurs mss transmettent aussi des textes apparentés à l’une et l’autre recension. Pour l’auteur, qui poursuit ici la thèse présentée par ses soins dans » La Trasmissione dei testi latini del Medioevo « (Florence 2005), il s’agirait non de contaminations, mais de versions intermédiaires, élaborées par Isidore; tout en remaniant CI-1 sous la forme CI-2, le Sévillan aurait également réalisé, à partir d’un état primitif de CI-2, un épitomé de sa » Chronique « destiné à figurer dans le livre V des » Étymologies « . Jacques Elfassi, » Les deux recensions des Synonyma « , p. 153–184: l’auteur, qui s’apprête à publier son édition des » Synonyma « (thèse de doctorat, 2001), a établi qu’il existait deux recensions de cette œuvre. Selon lui, elles découleraient d’un texte primitif (Ω 0 ), duquel Isidore aurait tiré successivement deux textes parallèles (Ω 1 et Ω 2 ), correspondant à nos deux recensions. Pour expliquer cette anomalie, l’auteur avance l’hypothèse suivante: Isidore aurait d’abord retravaillé Ω 0 sous la forme Ω 1 ; mais il aurait ensuite perdu (ou donné à Braulion?) son exemplaire de Ω 1 . Pour les corrections ultérieures, il serait donc retourné à Ω 0 , remanié sous la forme Ω 2 .

    3. » Étymologies «

    Carmen Codoñer, » Problemas de transmisión en la primera parte de las Etimologías: algunas reflexiones « , p. 195–198: on sait, par la correspondance d’Isidore et la » Renotatio « de Braulion, que ce dernier est responsable de la division en livres des » Étymologies « , qu’Isidore avait simplement disposées en tituli . On impute donc souvent à Braulion la répartition en 20 livres que l’on trouve dans la plupart des mss (bien que certains mss anciens semblent avoir aussi conservé la trace d’une division concurrente, avec répartition des dix premiers livres en seulement trois livres). Quant à Isidore, il aurait lui-même, selon l’auteur, publié au moins deux versions des » Étymologies « ; la première, antérieure à 621, n’aurait contenu que la matière des dix premiers livres. Aires Augusto Nascimento, » Dans le sillage d’Alvar Gómez de Castro: le manuscrit préparatoire de l’édition des Étymologies d’Isidore « , p. 199–208: Alvar Gómez avait collationné les mss des » Étymologies « , en vue d’une édition, laissée inachevée. Mais son travail fut utilisé par Juan Grial, qui procura la première édition imprimée des » Étymologies « en 1599. On pensait que les papiers d’Alvar Gómez, transférés à Lisbonne, avaient été détruits en 1755. Mais ils y ont été retrouvés il y a quelques années, au palais d’Ajuda; outre leur apport à l’histoire des éditions isidoriennes, ils pourraient recéler des leçons dignes d’intérêt, car Alvar Gómez semble avoir été particulièrement attentif aux mss anciens. Josefa Cantó Llorca, » Observaciones sobre la transmisión textual de las Etimologías a propósito del libro XVIII « , p. 209–215: sur la base des travaux de Lindsay et Reydellet, l’auteur étudie les relations entre plusieurs témoins du livre XVIII des » Étymologies « ; elles l’amènent à retoucher sur certains points le texte édité par Lindsay. Miguel Rodríguez-Pantoja, » Ampliaciones del texto en el libro XIX de las Etimologías isidorianas « , p. 217–230: sur la base des travaux de Lindsay et Reydellet, l’auteur relève et commente plusieurs interpolations introduites aux VIII e et IX e s. dans le livre XIX des » Étymologies « . Maurilio Pérez González, » La edición de textos latino-medievales (siglos IX–XIII) « , p. 233–241: cette contribution, destinée à conclure le colloque, offre un panorama critique des éditions espagnoles de textes latins médiévaux (littéraires et diplomatiques); cette présentation, pour laquelle l’auteur reprend des réflexions publiées par lui en 2000, est assortie de considérations méthodologiques.

    Les actes de ce colloque reflètent bien les tendances actuelles de la recherche isidorienne; et ils ont le mérite de souligner la complexité d’une tradition manuscrite, qu’ils abordent avec des hypothèses stimulantes, parfois très sophistiquées. Certaines de ces constructions, il est vrai, dans leur hâte d’attribuer à Isidore la paternité des différentes recensions observées, méconnaissent parfois l’ingéniosité des éditeurs médiévaux. Ainsi, dans certains cas, l’hypothèse d’une contamination médiévale, rapidement écartée, apparaît pourtant aussi plausible, sinon plus, que celle d’une » version intermédiaire « , retravaillée par Isidore (cf. par exemple le cas de la recension Fα, pour la » Chronique « ). L’intervention des éditeurs médiévaux dans la tradition isidorienne a du reste été récemment mise en lumière, à propos des » Étymologies « , par Veronika von Büren 1 : bouleversant le stemma de Reydellet, elle a montré que Braulion avait réparti la matière des » Étymologies « en seulement 15 livres (c’est la trace de cette division qui subsiste dans les mss de la première partie), et que la division en 20 livres devait être imputée à des éditeurs carolingiens; c’est également eux qui seraient à l’origine de l’épitomé de la » Chronique « insérée dans le livre V des » Étymologies « . Dans ces recherches en paternité isidorienne, on voit donc qu’il convient de rester assez prudent, et ce d’autant plus que la plupart de nos manuscrits (à l’exception notable des » Synonyma « , dont les deux recensions sont attestées dès le VII e s.), ne sont pas antérieurs à l’époque carolingienne.

    1 Veronika von Büren, La place du manuscrit Ambr. L 99 sup. dans la transmission des Étymologies d’Isidore de Séville, dans: Mirella Ferrari, Marco Navoni (dir.), Nuove ricerche su codici in scrittura latina dell’Ambrosiana. Atti del Convegno, Milano, 6–7 ottobre 2005, Milan 2007, p. 25–44.

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    PSJ Metadata
    Cécile Lanéry
    A. Sanz, J. Elfassi, J. Martin, L’édition critique des œuvres d'Isidore de Séville (Cécile Lanéry)
    CC-BY-NC-ND 3.0
    Frühes Mittelalter (600-1050), Hohes Mittelalter (1050-1350), Spätes Mittelalter (1350-1500)
    Spanien
    Familiengeschichte, Genealogie, Biographien
    1 - 5. Jh. n. Chr., 6. - 12. Jh.
    118555995
    Isidorus Hispalensis (118555995)
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    A. Sanz, J. Elfassi, J. Martin, L’édition critique des œuvres d'Isidore de Séville (Cécile Lanéry)
    In: Francia-Recensio 2010/2 | Mittelalter – Moyen Âge (500–1500)
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    Veröffentlicht am: 02.06.2010 15:05
    Zugriff vom: 22.09.2020 19:21
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