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    A. Brendecke, M. Friedrich, S. Friedrich, Information in der Frühen Neuzeit (Claude Michaud)

    Francia-Recensio 2010/4 Frühe Neuzeit – Revolution – Empire (1500–1815)

    Arndt Brendecke, Markus Friedrich, Susanne Friedrich (Hg.), Information in der Frühen Neuzeit. Status, Bestände, Strategien, Münster (LIT) 2008, 482 S. (Pluralisierung & Autorität, 16), ISBN 978-3-8258-1671-1, EUR 49,90.

    rezensiert von/compte rendu rédigé par

    Claude Michaud, Orléans

    Information et savoir, information et puissance, information et État, ce sont autour de ces déclinaisons que les diverses communications, au prix de répétitions méthodologiques nombreuses, abordent le thème de l’information pendant la période moderne. L’information n’est pas le savoir, mais leurs deux histoires sont liées. Il n’y a pas d’information sans un savoir préalable; mais l’information qui est la représentation de ce qui est disponible par rapport à une mission, une fonction, une tâche, doit être largement transmise et c’est ce qui la distingue du savoir. L’information n’augmente pas le volume des connaissances, nous ne saurons pas plus; mais elle les transforme de bien des façons, et nous saurons autrement. Tel fait, tel événement relaté, ce que nous savons ou croyons savoir, n’est pas un donné brut, il est structuré par une vision du monde, par un système de connaissances; sa réception exige un degré de standardisation, de formalisation, de formatage; il faut sélectionner, rapprocher … Ces opérations supposent la connaissance de codes, de plus en plus abstraits, qui libèrent l’information de son contexte d’origine, de l’intervention du médiateur, des finalités du destinataire. La période moderne se signale par l’effort constant pour une information standardisée, qu’il s’agisse de codes juridiques, de matricules fiscaux, de recensements… Et le rôle de l’État est central dans ce processus; il est le principal acteur, qui prétend mettre à son service cette nouvelle élaboration d’un savoir devenu opératif. Il veut souvent être le seul maître d’œuvre: Colbert déploya des efforts constants pour enlever au parlement de Paris la documentation issue des archives d’État – la Fronde laissait des souvenirs – et instituer avec la Bibliothèque du Roi où œuvra Baluze (son Histoire des Capitulaires des Rois de France , 1677), avec l’Académie des Inscriptions et belles-Lettres, les instruments d’une maîtrise royale de l’information. Les objectifs étatiques primordiaux sont la population, l’économie, l’organisation sociale, la « gouvernementalité » de Michel Foucault, avec une tendance toujours plus marquée à une quantification des données qui n’est pas sans inconvénient: les dangers de la statistique sont connus. Ceux qui résultent des finalités étatiques ne sont pas moindres: réduction du champ cognitif, perte de la diversité, agression contre la réalité du monde aussi bien par les régimes totalitaires socialistes que par le capitalisme. Les actuelles sociétés du savoir, de l’information et de la communication ont leurs zones d’ombre et leurs dysfonctionnements. Que et comment collecte-t-on, comment classe et conserve-t-on, et pour quel usage? L’information d’en haut est toujours soupçonnée d’être une technique de persuasion.

    Les divers articles présentent une variété de situations d’information. Que la première étude concerne Rome n’étonne pas. Avant même que se développe en Europe dans les années 1550–1570, un espace de communication à partir de Rome et Venise, la ville pontificale devait réunir des informations émanant de toute la chrétienté: la réforme de la curie envisagée par Alexandre VI Borgia, sous le choc de l’assassinat de son fils favori en 1497, suscita une vaste enquête dont rendent compte les multiples documents, rapports, suppliques du manuscrit Va. lat. 3883. Dès le XVI e siècle, l’extrême centralisation par le général des jésuites de l’information émanant de tous les établissements, et partant la concentration en ses mains des décisions concernant les membres, furent une des causes de l’opposition au cinquième général de la compagnie, Claudio Aquaviva, des memorialistas , surtout des jésuites espagnols, qui lui reprochaient une mauvaise connaissance des lieux d’implantation devenus trop nombreux depuis le temps du fondateur. Les objectifs fiscaux des États provoquèrent de multiples enquêtes et demandes d’informations, qu’il s’agisse d’établir en 1521 le matricule du Saint Empire pour la perception du Reichspfennig , en tenant compte des possibilités des États, des dommages de guerre, des catastrophes naturelles, des propensions des sujets à se révolter, ou des instructions de la Hofkammer de Vienne en 1537 et 1568 pour les chambres locales de Bohême, Hongrie, Haute-et Basse-Autriche; le rendement correct de l’impôt turc collecté au XVI e siècle par le Reichspfennigmeister Geizkofler témoigne du succès de l’administration fiscale impériale tout comme les initiatives de la Hofkammer , enquêtes, inspections, préparent la révolution financière de 1700 dans la monarchie des Habsbourg. L’économie fut un autre secteur pour le développement duquel la nécessité d’une bonne information fut constante. Les mercantilistes autrichiens du XVII e siècle, Becher, Hörnigk et Schröder lancèrent de vastes enquêtes sur le commerce extérieur, les manufactures, la fiscalité; dans son Manufacturinventorium , Schröder, à l’exemple de la Political Arithmetic anglaise, voulait compter, quantifier: combien fallait-il de matière première pour telle fabrication, combien d’heures de travail, quel était le gain escompté. Les procédés de cette arithmétique de comptoir étaient encore frustres, il fallut attendre les caméralistes universitaires de la fin du XVIII e siècle pour l’utilisation de statistiques plus élaborées. L’enquête économique n’était pas obligatoirement de l’initiative de l’État. Au début du XVIII e siècle, un professeur du lycée d’Altenburg, Friedrich Friese, dans un but pédagogique, lança ses élèves dans une grande enquête de culture populaire sur un groupe jusqu’alors peu concerné, les artisans et artistes; le résultat, son Ceremonial-Politica , 900 pages en 22 chapitres. La Société économique de Berne, fondée en 1759, lança en 1762 une recherche auprès des pasteurs et fonctionnaires locaux pour élaborer une description du canton de Berne; une telle démarche suscitait toujours la méfiance des habitants. Les résultats furent partiels, seul l’Oberland bernois bénéficia d ‘une couverture totale, illustrée par des tableaux fort fiables. Le pasteur de Vevey Muret livra un rapport circonstancié sur la dépopulation de la partie ouest du canton, la Waadt. Dénombrer les populations fut, on le sait, un objectif des États, pour des raisons fiscales, économiques et militaires. Ce fut le cas dans la monarchie autrichienne, dans les années 1777–1779; Joseph II perfectionna le système en exigeant la mention de la taille (des futurs soldats). Le recensement concernait toute la population, ignorait la distinction des ordres; c’était là une innovation de taille, créée par une information standardisée. De façon générale, la professionnalisation de la vie politique et du gouvernement de l’État amena dans tous les domaines la nécessité de disposer d’un savoir pragmatique théorisé obtenu par des enquêtes programmées, un savoir autonome, dégagé de la théologie et de la philosophie et qui devint un fondement de l’exercice de la souveraineté. Dès le début du XVII e siècle, des œuvres, tel le Politicorum libri decem d’A. Contzen(1621), voulurent condenser et systématiser ce nouveau savoir professionnel. La Gute Policey , préoccupation des gouvernants du siècle des Lumières, avait besoin d’une information constante, circulant dans les deux sens, il ne fallait pas seulement informer les sujets, mais apprendre d’eux from below . L’exemple du margraviat de Bade, où les agents de l’État tenaient annuellement des assises dans les communautés, montre au cours du temps l’évolution des préoccupations étatiques avec la prégnance, au XVIII e siècle, des questions agraires, de l’assainissement des finances locales, de la construction des infrastructures, de la lutte contre les calamités, dont les incendies. L’idéal aurait été pour tel espace de domination politique de réunir toutes les informations possibles afin d’aboutir à une description générale embrassant les données géographiques, relief, climat, hydrographie, l’histoire naturelle, faune et flore, les peuplements, les langues, les ressources… C’est ce que voulut tenter le gouvernement de Philippe II pour l’Amérique espagnole par une loi de 1573. On se situait après la mort de Las Casas (1566) et à la suite aussi du réquisitoire de Luis Sanchez, un bachelier qui avait passé 18 ans à la colonie, contre les juges locaux, les prêtres et les moines, les conquistadores et encomenderos . L’audiencia de Quito rendit sa copie en 1576 sous forme d’un immense catalogue, tout en insistant sur les difficultés de l’enquête auprès des Indiens. Des descriptions narratives, il en existe dès la mi-XVI e siècle pour l’Allemagne: Haut-Palatinat (1550), Hesse, évêché de Bamberg (1601), Saxe-Gotha… La représentation figurée sous forme de cartes progressa en même temps que la science géographique (réception humaniste de la géographie de Ptolémée, Cosmographie de Sébastien Münster). Dans un but politique et militaire, on s’attacha particulièrement à la représentation des frontières. Des souverains comme les empereurs Maximilien et Charles Quint, le landgrave Guillaume IV de Hesse, l’électeur Auguste 1 er de Saxe marquèrent un intérêt tout spécial pour la géographie. Une institution mérite une mention spéciale, car elle préfigure les actuelles petites annonces de la presse journalistique, ce sont les bureaux d’adresses qui naquirent en France et en Angleterre au XVII e siècle et qui furent imités en Allemagne. Théophraste Renaudot créa son Bureau d’adresses en 1630, puis vinrent l’ Office of Address de Samuel Hartlib, l’ Universal Registre Office de Henry Fielding. Wilhelm von Schröder eut le projet en 1686 d’un Intelligenz-Werk; en 1689 à Berlin, des huguenots français créèrent un Adress-Hauss , lié à un mont de piété; en 1707 à Vienne s’ouvrit un Frag-und Kundschaftsamt qui proposait au public tout ce qui était à vendre, terres, immeubles, chevaux, céréales, vins, instruments de musique… Des organes semblables fonctionnèrent à Prague (1724), Brno (1751), Budapest (1790)… Naissait ainsi une nouvelle forme de l’échange, dépersonnalisé.

    L’ouvrage veut donc prouver que les XVI e –XVIII e siècles ont été une période pionnière pour la naissance d’une information moderne. Cela n’interdit pas d’insérer ce temps historique dans une périodisation plus large, les sept siècles du papier, 1400–2000, avant la révolution de l’ordinateur, de l’internet et des nombreux moteurs de recherche. Ni de faire de cette histoire de l’information une branche de l’histoire culturelle avec ses fondements anthropologiques, depuis les époques et les lieux les plus reculés. Les références à Bourdieu, Foucault, Luhmann et d’autres reviennent comme un leitmotiv. Ces répétitions méthodologiques sont souvent inévitables dans un recueil d’articles, en dépit des articles généraux, les trois d’introduction qui veulent resserrer le propos, et des deux de conclusion qui l’élargissent. Sans doute aurait-il été utile de faire figurer in fine à côté de l’Index Nominum une bibliographie resserrée d’ouvrages généraux à l’usage des historiens non spécialistes.

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    PSJ Metadata
    Claude Michaud
    A. Brendecke, M. Friedrich, S. Friedrich, Information in der Frühen Neuzeit (Claude Michaud)
    CC-BY-NC-ND 3.0
    Frühe Neuzeit (1500-1789)
    Europa
    Bildungs-, Wissenschafts-, Schul- und Universitätsgeschichte, Geschichte des Journalismus (Zeitungen etc. und Personen), der Medien und der Kommunikation
    Neuzeit bis 1900
    4015701-5 4132784-6 4066559-8
    1450-1650
    Europa (4015701-5), Informationsbeschaffung (4132784-6), Wissen (4066559-8)
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    A. Brendecke, M. Friedrich, S. Friedrich, Information in der Frühen Neuzeit (Claude Michaud)
    In: Francia-Recensio 2010/4 | Frühe Neuzeit - Revolution - Empire (1500-1815)
    URL: https://prae.perspectivia.net/publikationen/francia/francia-recensio/2010-4/FN/brendecke-friedrich_michaud
    Veröffentlicht am: 19.11.2010 14:20
    Zugriff vom: 21.02.2020 21:03
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