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A. Doig, Liturgy and Architecture (Élisabeth Ruchaud)

Francia-Recensio 2011/1 Mittelalter – Moyen Âge (500–1500)

Allan Doig, Liturgy and Architecture. From the Early Church to the Middle Ages, Aldershot, Hampshire (Ashgate Publishing) 2008, 224 p., 48 ill. (Liturgy, Worship and Society), ISBN 978-0-7546-5272-4, GBP 15,99.

rezensiert von/compte rendu rédigé par

Élisabeth Ruchaud, Paris

Comme le dit lui-même l’auteur, cet ouvrage a pour ambition d’explorer et les liens et les interpénétrations de la liturgie et de l’architecture dans l’Église des premiers temps et du Moyen Âge. Voulant prendre en compte l’ensemble des facteurs déterminant à la construction et à la création (sociaux, économiques, techniques, théologiques et artistiques), le révérend Doig a adopté pour sa démarche un découpage chronologique lui permettant de mettre en exergue les diverses transformations, le plus souvent concomitantes, de l’architecture et de la liturgie. À partir de diverses sources textuelles (manuscrits liturgiques, canons, chroniques … etc.), archéologiques et bien entendu architecturales, etc., il entreprend de retracer la mise en place, l’évolution de la liturgie chrétienne et son insertion au cœur d’une architecture cultuelle conçue pour lui servir d’écrin.

Divisée en 7 sections, des débuts du christianisme à l’apogée gothique et insistant plus particulièrement sur les premiers siècles que Doig considère à juste titre comme fondateur et exerçant une influence durable sur toutes les transformations ultérieures, cette synthèse est basée sur l’analyse de la mise en place de formes architecturales (basiliques, mausolée, baptistères, Westwerke , etc.) en réponse à des besoins liturgiques (funéraire, initiatique, pèlerinage, etc.) dont les principes sont peu à peu fixés.

Dans sa démarche chronologique, l’auteur introduit sa recherche en s’interrogeant sur les origines de la liturgie et sa mise en place dans l’Église primitive. Il présente ainsi le principe des tituli romains, compris comme prédécesseurs des églises titulaires (Saint-Clément, Rome). Il semble que la liturgie chrétienne commence à se fixer indépendamment des synagogues à partir du II e siècle comme le montre l’ensemble liturgique de Doura Europos qui comprend une église au programme iconographique évocateur et une synagogue qui, bien qu’associées, n’en demeurent pas moins indépendantes l’une de l’autre.

Le développement de Constantin, sa conversion et ses multiples fondations à Rome (Latran, Vatican) et Jérusalem (Nativité, Anastasis, etc.) est plus particulièrement intéressant. Revenant en effet sur la construction physique, intellectuelle et spirituelle d’une »Nouvelle Jérusalem« à Rome dans un premier temps, puis sur les lieux même de la prédication évangélique, Allan Doig insiste sur l’influence durable de cette liturgie hiérosolymitaine en Occident et sur son incidence sur certaines formes architecturales spécifiques telles que le mausolée, les églises funéraires ou encore les baptistères.

Doig esquisse ensuite une rapide description des rites byzantins postérieurs à l’ère constantinienne et plus particulièrement ceux de l’époque de Justinien (Constantinople). Cette rapide introduction est pour lui l’occasion surtout de décrire cette période comme un berceau fondateur pour les deux formes liturgiques occidentales et orientales avant des développements postérieurs divergents.

C’est tout naturellement qu’il passe ensuite à l’étude de l’évolution des rites en Occident à partir du V e siècle, tout d’abord dans le cadre romain de la fin de l’Empire marqué par les invasions barbares (Sainte-Sabine ou Sainte-Marie-Majeure), puis en Gaule mérovingienne. Le développement d’une liturgie gallicane originale, entre influences romaines et byzantines, trouve là encore sa traduction dans les formes architecturales mérovingiennes marquées par les prémices d’un culte des reliques appelé à devenir prépondérant.

Le monde carolingien et ses multiples réformes et réformateurs sont présentés comme le pivot de cette interpénétration entre architecture et liturgie. Reprenant notamment avec profit les études entreprises dans les années 1980 par le professeur Heitz sur les formes et fonctions de l’architecture religieuse carolingienne, Doig souligne le rôle primordial tenu par les reformes messines de Chrodegang et d’Amalarius et l’importance croissante des manuscrits en tant qu’objet liturgique.

La période romane, synthèse des évolutions précédentes, se trouve quant à elle qualifiée par l’essor d’un double phénomène: d’un côté celui du pèlerinage qui entraîne la fondation d’églises dont la forme – cryptes et déambulatoires notamment – facilite la circulation des fidèles; et de l’autre le monachisme clunisien puis cistercien.

Le premier âge gothique vient enfin conclure cette étude par le biais de l’analyse de quatre exemples (Saint-Denis, Canterbury, Wells, Salisbury) compris comme une synthèse nouvelle de formes anciennes adaptées à de nouveaux besoins liturgiques à présent fixés.

La bibliographie, située à la fin de l’ouvrage, est particulièrement fournie pour quiconque s’intéresse aux problématiques liées à l’architecture, la liturgie et à son histoire. Principalement basée sur la recherche anglo-saxonne ou sur des ouvrages traduits, on regrettera cependant l’absence d’un véritable usage de la bibliographie française et allemande sur la matière. L’auteur aurait pu à profit utiliser les recherches entreprise par le père Pierre-Marie Gy, Éric Palazzo ou Günter Bandmann, pour ne citer qu’eux, auteurs qui ont par leurs travaux largement contribué à une meilleure connaissance de l’histoire de la liturgie et de l’architecture en Occident.

Enfin, on pourra reprocher à l’auteur une certaine forme de partialité. De par ses convictions religieuses en tant que représentant de l’Église anglicane, Allan Doig entreprend en effet de fréquents rapprochements plus ou moins fortuits entre les divers éléments de liturgie qu’il aborde, notamment à travers quelques exemples bien étudiés issus de l’histoire anglaise, et de la liturgie anglicane contemporaine qu’il pratique.

Cependant, l’ensemble demeure une analyse et une synthèse particulièrement fournie des recherches disparates produites depuis déjà quelques années sur le sujet. Très souvent l’architecture médiévale a seulement été comprise et étudiée dans le cadre d’une évolution des formes et des styles en lien avec la seule création artistique, la liturgie n’occupant alors qu’une place secondaire. Il ressort ici une claire vision de l’architecture religieuse médiévale comprise à travers le prisme de la liturgie, vision qui ravira très certainement historiens et historiens de l'art qui attendaient depuis longtemps une telle somme.

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PSJ Metadata
Élisabeth Ruchaud
A. Doig, Liturgy and Architecture (Élisabeth Ruchaud)
CC-BY-NC-ND 3.0
Antike (1200 v.Chr.-600 n.Chr.), Frühes Mittelalter (600-1050), Hohes Mittelalter (1050-1350), Spätes Mittelalter (1350-1500)
Europa
Kirchen- und Religionsgeschichte
1 - 5. Jh. n. Chr., Mittelalter
4015701-5 4002851-3 4030702-5 4036050-7
Anfänge-1500
Europa (4015701-5), Architektur (4002851-3), Kirche (4030702-5), Liturgie (4036050-7)
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A. Doig, Liturgy and Architecture (Élisabeth Ruchaud)
In: Francia-Recensio 2011/1 | Mittelalter - Moyen Âge (500-1500)
URL: https://prae.perspectivia.net/publikationen/francia/francia-recensio/2011-1/MA/doig_ruchaud
Veröffentlicht am: 08.03.2011 11:35
Zugriff vom: 27.01.2020 01:40
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