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    M. Chvojka, Josef Graf Sedlnitzky als Präsident der Polizei- und Zensurhofstelle in Wien (1817–1848) (Jean Bérenger)

    Francia-Recensio 2011/2 Frühe Neuzeit – Revolution – Empire (1500–1815)

    Michal Chvojka, Josef Graf Sedlnitzky als Präsident der Polizei- und Zensurhofstelle in Wien (1817–1848). Ein Beitrag zur Geschichte der Staatspolizei in der Habsburgermonarchie, Frankfurt a. M., Berlin, Bern u. a. (Peter Lang) 2010, 416 S. (Schriftenreihe der Internationalen Forschungsstelle » Demokratische Bewegungen in Mitteleuropa 1770–1850 « , 42), ISBN 978-3-631-59584-8, EUR 49,80.

    rezensiert von/compte rendu rédigé par

    Jean Bérenger, Paris

    Ce jeune historien slovaque aborde avec beaucoup de talent l’étude d’une époque en apparence peu séduisante, l’ère Metternich (1815–1848), en consacrant un ouvrage au ministre de la police et de la censure qui fut de 1817 à 1848, l’adjoint zélé du chancelier. Aristocrate originaire de Moravie, peu fortuné, le comte Joseph Sedlnitzky fut un haut fonctionnaire modèle, tout dévoué à la poursuite des libéraux et des opposants à la politique réactionnaire de son maître, l’empereur François I er d’Autriche. En dehors de l’historien Julius Marx, qui lui avait consacré quelques études il y a un demi-siècle, personne ne s’était jusqu’à présent préoccupé de celui qui passait pour l’exécuteur des basses œuvres de Metternich. Michal Chvojka a d’abord consacré à Sedlnitzky une thèse de doctorat en langue tchèque qui a servi de soubassement à cette biographie en langue allemande. L’ouvrage est bien documenté – même si l’auteur, par coquetterie, s’excuse de ne pouvoir utiliser la littérature en langue française ou en langue hongroise.

    Le poste qu’occupa Sedlnitzky à partir de 1817 avait été créé dès 1786 par Joseph II pour le comte Pergen, mais ses attributions avaient été élargies par l’empereur François en 1793 face à la contagion révolutionnaire. Il s’agissait en effet de surveiller la police viennoise ou les gouverneurs des différentes provinces, qui devaient lui rendre compte de toutes les affaires qui leur paraissaient suspectes. Le ministre jouissait de la confiance du souverain, auquel il soumettait directement ses rapports. En 1837 il passa sous la tutelle du comte Kollowrat, tout en poursuivant son étroite collaboration avec Metternich, qui semble à mainte reprise avoir été beaucoup moins réactionnaire que Sedlnitzky.

    Après 1815 la préoccupation majeure de ce dernier fut la poursuite des sociétés secrètes dont le modèle était fourni par les Carbonari , qui étaient censés préparer le renversement des régimes établis ou rétablis à la suite du congrès de Vienne, de sorte que son action ne se limitait pas à la Monarchie, mais aux États italiens, allemands, voire à la France soupçonnée d’accueillir avec bienveillance les opposants au régime autrichien. Il attendait du gouvernement français qu’il les éloignât au moins des grands ports comme Marseille. Ensuite il redoutait que les libéraux allemands n’infiltrent les milieux intellectuels autrichiens, puis, après la révolution polonaise de 1831, les principaux suspects furent les opposants polonais, qui avaient concentré leurs activités à l’hôtel Lambert, à Paris. Mais Sedlnitzky ne disposait pas toujours d’agents capables d’infiltrer les cercles intellectuels comme ce commissaire de police viennois trop inculte pour surveiller les étudiants allemands qui se réunissaient à Strasbourg.

    C’est pourquoi Sedlnitzky mena une politique de surveillance et de prévention en isolant le plus possible l’empire d’Autriche du reste de l’Europe. Pour l’université, il poussa à l’extrême la politique amorcée sous Joseph II: les professeurs étaient des fonctionnaires destinés à former des techniciens du droit ou de la médecine ou des prêtres dévoués au souverain et à l’État. Les cours devaient être rédigés et visés au préalable; quiconque s’en écartait était passible de sanctions, l’exemple classique étant fourni par le théologien Bernard Bolzano, privé de son poste à l’université de Prague.

    Les publications étaient surveillées par une censure préalable qui pouvait apporter des corrections aux manuscrits ou interdire plus simplement la publication. Les pièces de théâtre étaient l’objet d’une étroite surveillance à laquelle échappait le théâtre populaire viennois dont Nestroy ou Ferdinand Raimund sont devenus les héros: avec des dialogues improvisés ils relevaient autant du cabaret que de l’œuvre littéraire et servaient de soupape de sûreté. En revanche, le théâtre noble était étroitement surveillé et souvent censuré de manière arbitraire, au point que l’empereur assistait systématiquement aux premières du théâtre de la cour, de peur qu’un censeur trop zélé ne la fît interdire sous un vague prétexte. Pourtant Sedlnitzky ne sut pas voir venir le mécontentement des Viennois lié à la pénétration des idées libérales et à la grave crise économique de 1847. Il ne tint pas compte des rapports de ses subordonnés et prit à la légère la manifestation du 13 mars 1848 qui entraîna sa chute comme celle de Metternich.

    Mais si l’auteur rend compte de la surveillance étroite de la presse et du monde intellectuel (le ministre de la police était hostile à l’ouverture de l’Académie des sciences en 1847 malgré l’appui de l’archiduc Jean), il évoque davantage une surveillance tatillonne qu’une politique répressive, du moins dans la capitale; les accusés sont souvent relâchés au bout de quelques mois faute de preuves. Les pièces de théâtre interdites à Vienne sont jouées en province sous un autre titre. On est bien loin des régimes totalitaires du XX e siècle, même si après 1840, l’Autriche fut à juste titre la cible des libéraux, dont les articles franchissaient tout de même la frontière grâce à la » Gazette d’Augsbourg « (que Metternich tolérait au grand dam de son ministre de la police).

    L’ouvrage de Michal Chvojka est bien présenté et bien documenté sur une étude sérieuse des archives viennoises. Il se situe dans la durée (1790–1848) et combine les aspects thématiques avec les évolutions chronologiques. Il mérite donc que l’on s’y attarde si l’on veut avoir une vue précise et nuancée du Vormärz en Autriche.

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    PSJ Metadata
    Jean Bérenger
    M. Chvojka, Josef Graf Sedlnitzky als Präsident der Polizei- und Zensurhofstelle in Wien (1817–1848) (Jean Bérenger)
    CC-BY-NC-ND 3.0
    Frühe Neuzeit (1500-1789)
    Österreich und Liechtenstein
    Politikgeschichte, Rechtsgeschichte
    19. Jh.
    4043271-3 130150630 4137557-9
    1817-1848
    Österreich (4043271-3), Sedlnitzky-Choltic, Josef von (130150630), Politische Polizei (4137557-9)
    PDF document chvojka_berenger.doc.pdf — PDF document, 106 KB
    M. Chvojka, Josef Graf Sedlnitzky als Präsident der Polizei- und Zensurhofstelle in Wien (1817–1848) (Jean Bérenger)
    In: Francia-Recensio 2011/2 | Frühe Neuzeit - Revolution - Empire (1500-1815)
    URL: https://prae.perspectivia.net/publikationen/francia/francia-recensio/2011-2/FN/chvojka_berenger
    Veröffentlicht am: 28.06.2011 16:05
    Zugriff vom: 27.01.2020 02:18
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