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    K. Holtmann, Die Saefkow-Jacob-Bästlein-Gruppe vor dem Volksgerichtshof (Rita Thalmann)

    Francia-Recensio 2011/2 19./20. Jahrhundert – Histoire contemporaine

    Karen Holtmann, Die Saefkow-Jacob-Bästlein-Gruppe vor dem Volksgerichtshof. Die Hochverratsverfahren gegen die Frauen und Männer der Berliner Widerstandsorganisation 1944–1945, Paderborn, München, Wien u. a. (Ferdinand Schöningh) 2010, 305 S. (Sammlung Schöningh zur Geschichte und Gegenwart), ISBN 978-3-506-76931-2, EUR 38,00.

    rezensiert von/compte rendu rédigé par

    Rita Thalmann, Paris

    En abordant l’histoire du groupe de résistance autour de Saefkow, Jacob et Bästlein et son procès devant le Tribunal du peuple (Volksgerichtshof) entre septembre 1944 et février 1945, Karin Holtmann, tout en développant assez longuement l’évolution-radicalisation du système judiciaire du » III e Reich « dont on sait qu’elle ne satisfit jamais Hitler qui aurait préféré lui substituer totalement une juridiction populaire nazie, s’interroge surtout sur l’existence ou non d’un statut spécifique des femmes au sein du groupe et des instances judiciaires. Soutenue durant l’hiver 2008/2009 à l’université de Hanovre, cette thèse est complétée par de brèves notices biographiques des protagonistes et une importante bibliographie où l’on regrette cependant la quasi-absence d’ouvrages non allemands sur un sujet impliquant une dimension internationale. Composée de deux parties principales relatives à la présentation du groupe et son évolution depuis l’arrestation d’une partie de ses membres jusqu’au procès, l’ensemble s’achève sur l’auto-perception des survivant(e)s après 1945. Occasion d’aborder aussi l’historiographie de la Résistance dans les deux Allemagnes avant l’unification.

    Créé en 1943 à et autour de Berlin par trois permanents clandestins du Parti communiste allemand interdit depuis 1933, le groupe semble avoir compté jusqu’à 425 membres recensés dont une centaine a pu échapper à l’arrestation. Un certain nombre de procédures ont été arrêtées faute de preuves. Le seul inculpé juif a été fusillé sans procès sur ordre de l’Office central de la sécurité du Reich (RSHA). D’ailleurs même l’aide à des juifs constituait une circonstance aggravante ainsi que l’origine demi-juive, selon les critères nazis, de Judith Auer, militante communiste née en 1905 à Zurich dans une famille d’artistes, ayant elle-même fait des études de musique, mère d’un enfant, que la seule femme des 28 avocats choisis ou commis d’office s’efforça vainement de préserver de la condamnation à mort .

    L’éditrice féministe Helene Margis meurt d’un arrêt cardiaque durant le procès. Une inculpée transférée à l’hôpital après avoir avalé du cyanure réussit à s’échapper. Si l’auteure n’a pas trouvé mention de tortures dans les procès verbaux, ceux-ci signalent par contre que les juges ont tenu compte des déclarations des inculpés faisant état d’aveux arrachés sous la contrainte lors des interrogatoires de police.

    Mais Bernhard Fischer est assassiné dans les locaux de la présidence berlinoise de la Police, un autre inculpé se suicide en prison. Il y eut tout de même 42 condamnations à mort dont 39 hommes et 3 femmes jugés acteurs principaux et »communistes inamendables«. 50 condamnations de 33 hommes et 17 femmes prévoyaient des peines de 2 à 10 ans de réclusion pour assistance à haute trahison tandis que 18 hommes et 3 femmes se voient infliger de 6 mois à 4 ans d’emprisonnement pour assistance secondaire ou non-dénonciation de faits. L’acquittement par faute de preuves bénéficie à 4 hommes sur 95 et 7 femmes sur 30.Mais on sait que la Gestapo compensait le »laxisme de la justice« constamment vilipendé par Hitler en les envoyant en camp de concentration. Les condamnations les plus lourdes impliquent la perte définitive ou temporaire des droits civiques, de l’usage des titres et distinctions. Les sentences sont durcies pour des inculpés membres de la Wehrmacht. Des atténuations de peine sont par contre reconnues aux membres d’organisations annexes du Parti national-socialiste, telles que le Front allemand du travail (DAF) ou le Secours populaire national-socialiste (NSV) ainsi qu’aux personnes âgées malades jugées peu impliquées. Sentence durcie par contre pour des membres de la Wehrmacht. D’une manière générale, les hommes sont censés, selon les critères nazis, assumer leurs actes avec virilité, alors que les femmes, perçues comme des instruments dociles, ont réussi dans la majorité des cas à faire jouer les stéréotypes de genre auprès des juges.

    S’il est incontestable que la plupart des inculpées de ce procès – dont pourtant près de la moitié avaient appartenu au Parti communiste et certaines même déjà condamnées pour leur engagement durant les premières années du régime – réussirent à utiliser sciemment les stéréotypes relatifs à la faiblesse psychologique et intellectuelle des femmes, la démonstration n’est pas généralisable. Car si, dans ce cas précis intervenu dans le chaos de la dernière période de la guerre, les magistrats les plus répressifs, avec en tête le président Freisler retenu par les procès des conjurés militaires du 20 juillet 1944, les 9 juges du procès Saefkow appartiennent tous sauf un à la bourgeoisie national-conservatrice protestante, déjà en poste sous Weimar, ralliés au » III e Reich « par obligation de carrière.

    Il en va tout autrement dans le cas de l’»Orchestre rouge« qualifié ainsi par la Gestapo en raison de son rôle de collectes de renseignements stratégiques et de leur transmission par émetteurs à l’Union soviétique. Comme la plupart des prévenus appartiennent à la bourgeoisie nettement impliquée dans la vie publique, leur activité d’espionnage au bénéfice de »l’ennemi bolchevique« jugée à l’automne 1942, dans une phase critique du conflit ne bénéficie d’aucune mansuétude devant le Tribunal du Peuple. Ainsi sur les 98 condamnations dont 54 à mort, 33 concernent les hommes et 21 les femmes. On sait que, dans les cas de Mildred Harnack et d’Erika von Brockdorff, les peines de détention furent transformées en peine de mort sur intervention personnelle d’Hitler estimant que leur contribution à une organisation de déstabilisation de l’armée et de l’État ne méritait pas la moindre clémence, même la maternité »aryenne« tant vantée par le régime n’empêcha pas la condamnation à mort de Hilde Coppi et son exécution après l’accouchement.

    Si l’on ne peut, par conséquent, conclure à une généralisation du traitement spécifique des femmes arrêtées et condamnées sous le » III e Reich « , il n’en reste pas moins que cette recherche a le mérite de mettre en lumière les progrès de l’historiographie depuis l’unification des deux États allemands car auparavant, s’agissant de l’opposition, voire de la résistance au nazisme, chacun privilégiait ses objectifs idéologiques: la RFA l’opposition bourgeoise et militaire, la RDA la lutte antifasciste, essentiellement communiste selon les directives du Parti communiste en exil à Moscou. Ce qui explique la difficulté d’accès à ses archives avant l’unification et l’encadrement des biographies des rescapées par les instances du Parti après 1945. Bien que ces dernières eussent du mal, comme il est vrai dans d’autres pays, à faire reconnaître leur rôle, la plupart rejoignirent le Parti communiste et restèrent en RDA après sa création. Une formation professionnelle et idéologique leur permit d’y trouver des emplois dans l’administration de Berlin ou dans les organisations sociales, de jeunesse, et culturelles du nouvel État.

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    PSJ Metadata
    Rita Thalmann
    K. Holtmann, Die Saefkow-Jacob-Bästlein-Gruppe vor dem Volksgerichtshof (Rita Thalmann)
    CC-BY-NC-ND 3.0
    Zeitgeschichte (1918-1945)
    Deutschland / Mitteleuropa allgemein
    Rechtsgeschichte
    1940 - 1949
    4011039-4 2054294-X 4567013-4 4116634-6
    1944-1945
    Danzig (4011039-4), Deutsches Reich / Volksgerichtshof (2054294-X), Saefkow-Jacob-Bästlein-Organisation (4567013-4), Strafverfahren (4116634-6)
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    K. Holtmann, Die Saefkow-Jacob-Bästlein-Gruppe vor dem Volksgerichtshof (Rita Thalmann)
    In: Francia-Recensio 2011/2 | 19./20. Jahrhundert - Histoire contemporaine
    URL: https://prae.perspectivia.net/publikationen/francia/francia-recensio/2011-2/ZG/holtmann_thalmann
    Veröffentlicht am: 30.06.2011 14:50
    Zugriff vom: 20.01.2020 15:39
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