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E. Labouvie, Adel an der Grenze (Marie Drut-Hours)

Francia-Recensio 2011/4 Frühe Neuzeit – Revolution – Empire (1500–1815)

Eva Labouvie (Hg.), Adel an der Grenze. Höfische Kultur und Lebenswelt im SaarLorLux-Raum (1697–1815), Saarbrücken-Scheidt (Vereinigung zur Förderung des Landesarchivs) 2010, 325 S. (Echolot. Historische Beiträge des Landesarchivs Saarbrücken, 7), ISBN 978-3-9811672-0-7, EUR 29,80.

rezensiert von/compte rendu rédigé par

Marie Drut-Hours, Metz

Né des recherches initiées dans le cadre d’un séminaire universitaire, puis développé au sein d’un groupe extra-universitaire, ce volume, destiné à un public élargi, rassemble six contributions de valeur inégale. Le titre est doublement trompeur. Ce n’est pas la noblesse au sens générique du terme qui est ici objet d’étude, en tant que groupe social, mais seulement un nombre restreint de familles régnant sur des principautés territoriales. Par ailleurs, les cas analysés ne recouvrent pas l’ensemble de l’espace désigné (de façon tout à fait anachronique, au demeurant), mais concernent avant tout le duché de Lorraine et trois petites principautés allemandes: le comté de Nassau-Sarrebruck, le duché de Palatinat-Deux-Ponts et la seigneurie de Blieskastel.

Les études sont groupées en fonction de trois thématiques selon un plan qui n’exclue pas quelques redites. La question de la représentation du pouvoir est abordée en premier lieu à travers une évocation descriptive assez précise (Frédérique Ragazzi) de l’œuvre de bâtisseurs des ducs de Lorraine Léopold (1679–1729), puis surtout Stanislas Leszczynski (1737–1766) ce dernier étant , soucieux de se doter de résidences adaptées à la vie de cour qu’il entendait développer et dont le prestige devait compenser la faiblesse de son pouvoir. Susanne Tofall s’intéresse à différents éléments de représentation emblématiques de la volonté des princes de rendre visible leur pouvoir, d’affirmer leur conscience dynastique et de façonner la mémoire collective de leurs sujets: les sépultures, l’usage des ornements héraldiques, les portraits, mais aussi les sermons funèbres font ainsi l’objet d’analyses pertinentes, en dépit de quelques clichés aujourd’hui peu acceptables (ainsi la vision d’une » Aufklärung portée par la bourgeoisie, mais ayant pu influencer l’idéal aristocratique«!).

Deux contributions sont sensées évoquer les pratiques gouvernementales sous le sceau du réformisme éclairé; mais Myriam Bastian dresse, en réalité, un tableau plus large du gouvernement des comtes de Nassau-Sarrebruck, abordant aussi bien leur vie privée (objet théorique de la troisième partie) et les questions de représentation (abordées en première partie) que leur action politique proprement dite. C’est Eva Labouvie qui livre la plus belle étude du volume et la plus novatrice, en suivant le parcours remarquable de Marianne von der Leyen, devenue régente de la seigneurie de Blieskastel après le décès de son époux (1775–1791): après avoir évoqué ses fonctions classiques de représentation comme épouse d’un prince régnant, l’étude de son gouvernement permet, en effet, de conclure à une approche plus spécifiquement féminine de l’action gouvernementale, marquée par la priorité donnée aux questions économiques et sociales dans le souci du bien commun, et par la volonté de développer une forme nouvelle de relations directes avec les sujets.

La troisième partie traite de la vie privée des familles princières et de la place qu’elles réservent aux femmes. Stéphanie Klein livre un récit événementiel de la vie familiale des trois ducs de Lorraine qui se succèdent dans la période considérée, Léopold, François-Antoine et Stanislas Leszczynski, évoquant les stratégies matrimoniales, soulignant au passage les liens étroits de la famille de Lorraine avec la cour de Vienne, et s’attardant avec délices sur le commerce des maîtresses, non sans quelque naïveté (ainsi la présence desdites maîtresses relèverait-elle d’un usage nouveau dans la noblesse au XVIII e siècle!). Andreas Becker reprend quelques généralités peu originales sur la condition féminine au sein de l’aristocratie princière (à laquelle sont annexées, pour l’occasion, les femmes parvenues comme maîtresses).

Si l’un des principaux attraits de cet ouvrage réside dans la qualité de l’illustration iconographique, il faut surtout souligner le grand intérêt que présentent les deux dossiers documentaires composés par Ludwig Linsmayer et Peter Wettmann-Jungblut (Landesarchiv Saarbrücken) et placés entre les différentes parties thématiques. Le premier se rapporte à l’activité des princes bâtisseurs, le second illustre différents aspects de la vie des familles princières. Tous deux offrent un choix très riche de textes (extraits de correspondances et de mémoires, mais aussi d’actes inédits), de reproductions de tableaux, plans et gravures, ainsi que de photographies de différents ouvrages et de lettres autographes. Ils contribuent largement à faire de ce volume un objet de belle facture.

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PSJ Metadata
Marie Drut-Hours
E. Labouvie, Adel an der Grenze (Marie Drut-Hours)
CC-BY-NC-ND 3.0
Frühe Neuzeit (1500-1789)
Belgien, Luxemburg, Deutschland / Mitteleuropa allgemein, Frankreich und Monaco
Kultur- und Mentalitätsgeschichte, Sozial- und Kulturgeschichte
18. Jh.
4137543-9 4000464-8 4122200-3
1697-1815
Saar-Lor-Lux (4137543-9), Adel (4000464-8), Höfische Kultur (4122200-3)
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E. Labouvie, Adel an der Grenze (Marie Drut-Hours)
In: Francia-Recensio 2011/4 | Frühe Neuzeit - Revolution - Empire (1500-1815)
URL: https://prae.perspectivia.net/publikationen/francia/francia-recensio/2011-4/FN/labouvie_hours
Veröffentlicht am: 13.01.2012 21:50
Zugriff vom: 06.04.2020 12:52
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