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    D. Pangerl, Die Metropolitanverfassung des karolingischen Frankenreiches (Florence Close)

    Francia-Recensio 2013/1 Mittelalter – Moyen Âge (500–1500)

    Daniel Carlo Pangerl, Die Metropolitanverfassung des karolingischen Frankenreiches, Hannover (Verlag Hahnsche Buchhandlung) 2011, XLVI–345 S. (Monumenta Germaniae Historica. Schriften, 63), ISBN 978-3-7752-5763-3, EUR 48,00.

    rezensiert von/compte rendu rédigé par

    Florence Close, Liège

    Qui s’est un jour intéressé à la réforme de l’Église franque conserve bien en tête les lourdes accusations portées à l’encontre de l’organisation de l’institution ecclésiastique et du comportement de ses élites par le réformateur anglo-saxon Boniface. Parmi les plus graves reproches formulés figurent l’abandon de l’activité synodale, l’absence d’évêques métropolitains et le mépris du droit canonique. Ce passage souvent évoqué par les chercheurs n’avait jusqu’ici jamais donné lieu à une étude circonstanciée. On demeurait dans l’attente d’une étude de fond sur la restauration des évêques métropolitains en Francie carolingienne, qui, remettant un tel processus en contexte, permettrait d’expliquer partiellement ce constat de manque. Daniel Carlo Pangerl y a consacré sa thèse de doctorat soutenue à la Ludwig-Maximilians-Universität München durant l’hiver 2010–2011 et désormais publiée dans la prestigieuse collection des » Schriften « (MGH).

    Dans un style clair et précis, il propose une synthèse de la question tout à fait convaincante, solidement argumentée par un imposant corpus de sources, tout en dialogue avec les chercheurs qui l’ont précédé sur cette voie. La structure de l’ouvrage fait écho au systématisme de la recherche: les premiers chapitres passent en revue le développement de la fonction métropolitaine de la basse antiquité chrétienne jusqu’à la veille de la réforme carolingienne. Ils offrent à l’auteur l’occasion de formuler, un peu trop rapidement peut-être, quelques réflexions sur les causes de la disparition des évêques métropolitains à la fin de l’époque mérovingienne, sur les vains efforts déployés par Boniface pour les rétablir ainsi que sur la première étape de réorganisation de l’Église franque durant le troisième quart du VIII e siècle. Au terme de ces efficaces prolégomènes, l’auteur peut entamer en toute confiance son analyse du système d’organisation de l’Église carolingienne, basée sur un découpage en provinces ecclésiastiques confiées à des évêques métropolitains dont dépendent les suffragants.

    Plus de cent pages sont consacrées à l’établissement d’un catalogue critique des vingt sièges métropolitains de l’époque carolingienne, établi selon l’ordre chronologique de leur érection, et réparti en deux catégories qui distinguent les sièges d’origine antique ou mérovingienne restaurés des créations carolingiennes. Toutes les notices présentent la même structure: après quelques informations sur le passé antique et mérovingien de la ville épiscopale, l’auteur propose une analyse détaillée des circonstances d’élévation du siège au rang de métropole selon une chronologie aussi précise que possible – qui, dans la plupart des cas, se limite, faute de sources, à l’énonciation de termini a quo et ad quem . Il revient ensuite en détails sur les suffragants avant de dresser un court portrait du premier métropolitain du siège, dans la mesure où il est connu. L’établissement de ces notices richement documentées donne lieu à une analyse comparative au terme de laquelle l’auteur se trouve en mesure d’esquisser une synthèse faisant la part belle à la question de la chronologie, des circonstances et motivations carolingiennes de restauration du système antique. D’emblée, ce système s’est avéré avoir conditionné le mode de consécration des évêques et l’organisation des synodes provinciaux qui n’avaient jusqu’ici pas retenu l’attention des carolingianistes pour eux-mêmes. Rien d’étonnant dès lors à constater que près de la moitié de l’ouvrage leur soit consacrée.

    Au terme d’un solide exposé sur les sources normatives relatives aux synodes provinciaux, l’auteur propose une étude de l’activité synodale par le biais d’un passage en revue critique et circonstancié des synodes provinciaux et assimilés de l’époque carolingienne. Ces études de cas servent, ici encore, de base à une synthèse des caractéristiques propres au synode provincial carolingien dont il ressort que les synodes provinciaux ne devaient siéger que de manière tout à fait irrégulière, selon les besoins et les occasions, et relevaient de la seule initiative du métropolitain. Pangerl applique une même méthode d’investigation à l’examen des modalités de consécration des évêques. Du laconisme des sources, il déduit que si les sources carolingiennes transmettent rarement d’autres informations que le nom et la date de l’ordination des évêques, c’est que le modus operandi était communément admis et généralement accompli selon les prescriptions canoniques. Il accorde, par conséquent, une attention toute particulière aux textes qui témoignent, par l’abondance du détail, d’un détournement de la norme canonique. Si l’auteur admet que les souverains carolingiens ont parfois influencé considérablement les désignations d’évêques et procédé à leur installation selon leur bon vouloir, il rejette l’idée que certains évêques aient pu monter sur leur siège sans consécration. En réponse à la question de savoir qui consacre qui, il défend, en l’absence d’informations précises, l’idée que les évêques métropolitains pouvaient être consacrés soit par l’un de leurs suffragants soit par le métropolitain d’une autre province tandis que les suffragants étaient installés par leurs métropolitains, conformément à la pratique antique.

    De cette enquête rigoureusement menée, limpides semblent être les conclusions générales de l’ouvrage qui, pour l’essentiel, avaient déjà été systématiquement énoncées au fil de l’œuvre. L’organisation de l’Église franque en provinces ecclésiastiques soumises à un métropolitain, héritée de l’Antiquité, s’est maintenue aussi bien en France que dans le Saint-Empire tout au long du Moyen Âge, ce qui rend, parmi beaucoup d’autres, cet aspect de la réforme carolingienne fondamental pour la compréhension de l’histoire de l’Église. En dépit des efforts multipliés par Boniface et ses disciples durant le second tiers du VIII e siècle, il faut attendre le capitulaire de Herstal (779) pour trouver dans les sources la plus ancienne trace de l’intention d’un roi franc de restaurer les sièges des évêques métropolitains antiques et d’en créer d’autres.

    Si l’organisation de l’Église franque en vingt provinces ecclésiastiques semble s’étaler sur près d’un siècle (779/780–877/879), l’auteur défend avec force le rôle moteur assumé par Charlemagne, refusant d’y voir le résultat inespéré du développement parallèle d’Églises régionales et limite l’intervention pontificale à la confirmation canonique des sièges métropolitains définis par le roi et à la concession du pallium aux évêques désignés. Dépassant largement le stade de la simple restauration de la norme canonique, cette entreprise royale a largement servi la politique carolingienne en consacrant une élite ecclésiastique, alliée, par ses fonctions, au souverain. Dans ce domaine encore, l’étroite collaboration entre le roi et le Saint-Siège tend à conférer au système carolingien, toute son originalité.

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    PSJ Metadata
    Florence Close
    D. Pangerl, Die Metropolitanverfassung des karolingischen Frankenreiches (Florence Close)
    CC-BY-NC-ND 3.0
    Frühes Mittelalter (600-1050), Hohes Mittelalter (1050-1350)
    Europa
    Kirchen- und Religionsgeschichte
    13. Jh.
    4071332-5 4030764-5 4334517-7
    1200-1300
    Fränkisches Reich (4071332-5), Kirchenverfassung (4030764-5), Metropolit (4334517-7)
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    D. Pangerl, Die Metropolitanverfassung des karolingischen Frankenreiches (Florence Close)
    In: Francia-Recensio 2013/1 | Mittelalter - Moyen Âge (500-1500)
    URL: https://prae.perspectivia.net/publikationen/francia/francia-recensio/2013-1/MA/pangerl_close
    Veröffentlicht am: 12.03.2013 14:30
    Zugriff vom: 22.07.2019 06:04
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