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    M. Johann, Cosimo I. de‘ Medici – Anton Fugger. Macht und Mäzenatentum in Florenz und Augsburg (Vincent Demont)


    Francia-Recensio 2013/4 Frühe Neuzeit – Revolution – Empire (1500–1815)

    Marie Johann, Cosimo I. de’ Medici – Anton Fugger. Macht und Mäzenatentum in Florenz und Augsburg, Frankfurt am Main, Berlin, Bern u. a. (Peter Lang) 2012, 169 S. (Dialoghi, 16), ISBN 978-3-631-61975-9, EUR 36,95.

    rezensiert von/compte rendu rédigé par

    Vincent Demont, Nanterre

    » Augsbourg est une Florence allemande, et les Fugger sont à placer aux côtés des Medici « –Philippe Melanchton en témoigne, il existait en 1534 bien des similitudes dans la manière dont étaient perçues les deux villes et les deux dynasties marchandes. Entre elles, pourtant, que de différences! Florence, en 1500, c’est en population deux fois Augsbourg. Ville libre tentée par les expériences protestantes, cette dernière reste bien loin de la capitale d’un État en expansion, de surcroit berceau d’une renaissance artistique européenne. Et même une branche cadette des Medici ne semble pas du même monde que les Fugger: gendre d’un vice-roi de Naples et grand-père d’une reine de France, Côme I er de Toscane (1519–1574) s’inscrit dans un tout autre univers familial qu’Anton Fugger (1493–1560), marié lui à une fille de patricien local … Construire, à partir du témoignage sur des perceptions, un sujet d’histoire comparée sur les pratiques réelles des deux familles n’était guère évident; le travail mené sous la direction de Dirk Hoeges, professeur de philologie romaine à Hanovre, n’y parvient que par la mise en avant exclusive de deux lignages, voire de deux hommes, et au prix d’une large impasse sur la contextualisation de ceux-ci. Or, pour peu qu’on les saisisse à un niveau un peu inférieur, les parcours décrits – du monde de l’artisanat et des périphéries rurales de la ville à l’établissement, puis à la fortune, au sein de celle-ci – sont-ils vraiment si rares? En singularisant à l’excès, le risque était grand de tomber dans les travers d’une histoire » par le haut « , et de dépeindre l’exceptionnel en oubliant de fixer, ou au moins de suggérer, l’arrière-plan d’une norme. Autant le dire d’emblée, ce danger n’a pas toujours été évité.

    Cette critique étant faite, il importe de souligner le sérieux du travail fourni – auquel un index nominal, d’abondantes illustrations ainsi qu’ une bibliographie trilingue actualisée (allemand, anglais, italien) assure une irréprochable qualité d’édition. Le lecteur français regrettera sans doute l’absence de référence aux travaux de Philippe Braunstein sur Florence et sur les Fugger, mais il est vrai qu’ils ne sont pas traduits. L’ouvrage met en regard l’histoire des Fugger et celle des Medici dans une forme de montage parallèle qui se resserre peu à peu autour des personnalités de Côme I er de Toscane et d’Anton Fugger, puis compare la manière dont ceux-ci ont, de leur vivant, construit leur image et celle de leur famille; l’ensemble est émaillé de nombreuses citations d’humanistes (Machiavel, Guichardin, Vasari, Luther, Beatus Rhenanus, etc.), choisies avec à-propos mais qui ne sont pas analysées en tant que corpus constitué. Est présentée l’histoire des deux familles, qui ne sont d’abord que des branches cadettes – des Fugger du chevreuil à Augsbourg, de la lignée allant de Côme l’Ancien aux papes Léon X, Clément VII, et Léon XI en passant par Laurent le Magnifique et Catherine de Médicis à Florence. Viennent ensuite une biographie succincte de Côme I er , souverain de Toscane, puis d’Anton Fugger, banquier de l’Empereur mais aussi du Saint-Siège, formé à Venise et actif dans toute l’Italie. La comparaison des politiques d’image de l’un et de l’autre renvoie bien sûr aux différences de statut entre les deux personnages: d’un côté, on trouve du mécénat princier, de l’autre des œuvres pieuses, – mais elle bute aussi sur des difficultés de conservation: à la différence du Palazzo Vecchio et du palais Pitti que Côme habitat, ou de la galerie des offices qu’il fonda, les réalisations architecturales financées par les Fugger ne sont bien souvent connues que par des descriptions. Il ne reste que bien peu de leur demeure à Augsbourg et moins encore de leur palais à Rome … Et pourtant, leur activité de mécénat ne fut bien réelle, puisqu’ils aidèrent peintres (Hans Maler, Lucas Cranach) et humanistes (Erasme, Konrad Peutinger) , sans compter leur investissement dans d’importantes entreprises mémorielles allant – comme pour les Medici – de la réalisation de portraits à la fondation d’archives familiales.

    C’est donc à la fois par le caractère assez déraisonnable de la comparaison projetée – surtout en l’absence d’un corpus clairement défini – et par le sérieux et l’intelligence du travail que se distingue ce petit ouvrage. À défaut d’être réellement créateur de savoir historique, cette ce premier travail prouve sans l’ombre d’un doute des qualités prometteuses – et c’est finalement l’essentiel de ce qu’il faut retenir de cette publication.

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    PSJ Metadata
    Vincent Demont
    M. Johann, Cosimo I. de‘ Medici – Anton Fugger. Macht und Mäzenatentum in Florenz und Augsburg (Vincent Demont)
    CC-BY-NC-ND 3.0
    Frühe Neuzeit (1500-1789)
    Bayern, Italien
    Siedlungs-, Stadt- und Ortsgeschichte
    16. Jh.
    4003618-2 4017581-9 118638521 118694170 4036824-5 4074442-5
    1500-1600
    Augsburg Region (4003618-2), Florenz (4017581-9), Cosimo I., Toskana, Großherzog (118638521), Fugger, Anton (118694170), Macht (4036824-5), Mäzenatentum (4074442-5)
    PDF document johann_demont.doc.pdf — PDF document, 90 KB
    M. Johann, Cosimo I. de‘ Medici – Anton Fugger. Macht und Mäzenatentum in Florenz und Augsburg (Vincent Demont)
    In: Francia-Recensio 2013/4 | Frühe Neuzeit - Revolution - Empire (1500-1815)
    URL: https://prae.perspectivia.net/publikationen/francia/francia-recensio/2013-4/FN/johann_demont
    Veröffentlicht am: 10.12.2013 10:45
    Zugriff vom: 27.01.2020 01:42
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