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    A. Schreiber, Adeliger Habitus und konfessionelle Identität (Jean Bérenger)

    Francia-Recensio 2013/4 Frühe Neuzeit – Revolution – Empire (1500–1815)

    Arndt Schreiber, Adeliger Habitus und konfessionelle Identität. Die protestantischen Herren und Ritter in den österreichischen Erblanden nach 1620, München (Oldenbourg) 2013, 402 S. (Mitteilungen des Instituts für Österreichische Geschichtsforschung. Ergänzungsband, 58), ISBN 978-3-486-71961-1, EUR 64,80.

    rezensiert von/compte rendu rédigé par

    Jean Bérenger, Paris

    L’auteur aborde ici le sujet fort intéressant du destin de la noblesse protestante dans les pays héréditaires de la maison d’Autriche après la bataille de la Montagne-Blanche et la victoire du parti catholique sur les sujets protestants qui avaient obtenu depuis 1570 la liberté de culte. Le 11 juillet 1620, les seigneurs et chevaliers de Basse-Autriche obtinrent de la part de Ferdinand II la confirmation des privilèges confessionnels qui leur avaient été concédés par Maximilien II dès 1568: le libre exercice de la confession d’Augsbourg, comme dans le reste du Saint-Empire. Ce fut le point de départ d’une évolution particulière, différente de celle qu’ont connu les autres pays héréditaires. Dans deux districts du pays, 40% des nobles (seigneurs et chevaliers) demeurèrent fidèles à la confession d’Augsbourg – ce qui est un trait original souvent occulté par les historiens, pour qui les sujets autrichiens sont tous devenus catholiques ou bien ont choisi l’exil. C’est au destin de cette minorité de luthériens autrichiens qu’Arndt Schreiber a consacré sa thèse de doctorat qui est à l’origine de ce livre, publié par l’Institut für Österreichische Geschichtsforschung. Il est inutile de préciser que ce travail, qui repose sur une abondante documentation originale, donne toute satisfaction.

    Le statut privilégié de la noblesse luthérienne de Basse-Autriche avait pourtant l’inconvénient de l’écarter progressivement des emplois publics, en dehors de l’armée et du Conseil aulique d’Empire (Reichshofrat). Cette situation particulière conduisit les nobles demeurés fidèles à la religion de leurs pères à s’adonner à des activités différentes, l’érudition, la littérature ou la pratique d’intenses relations avec les protestants de l’extérieur. Ils se consacrèrent davantage à la gestion de leurs propriétés et à des activités économiques, ainsi qu’à la défense de leurs droits contre les nouveaux riches. Ce comportement les distinguait finalement assez peu de la petite noblesse catholique appauvrie. La noblesse luthérienne de Basse-Autriche a également soutenu les luthériens hongrois, en particulier les communautés de Presbourg (Bratislava) et d’Ödenburg (Sopron), qui facilitaient la pratique religieuse individuelle de leurs coreligionnaires autrichiens.

    Ceux-ci continuèrent à se montrer loyaux à l’égard de la dynastie, bien que les successeurs de Ferdinand II ne leur aient pas renouvelé les garanties formulées en 1620. Ils ont combattu fidèlement dans les armées de la guerre de Trente Ans et Léopold I er a nommé conseillers auliques un Sinzendorf et un Windischgraetz, qu’il a aussi chargé de missions diplomatiques importantes. Mais les nobles protestants ne purent épargner à leurs sujets l’application des édits de Contre-Réforme ( Reformation ) promulgués par Ferdinand III après 1650. Ainsi, les paysans devinrent bon gré mal gré des fidèles de l’Eglise romaine.

    Cette politique habile mais orientée des Habsbourg fut payante pour le catholicisme, car, au cours du XVII e siècle, environ la moitié des nobles (seigneurs et chevaliers) revint volontairement au sein de l’Église romaine, tandis qu’au maximum 20% d’entre eux usèrent de leur droit d’émigrer ( jus emigrandi ). Ils s’installèrent généralement dans les villes luthériennes du Saint-Empire, en particulier à Nuremberg.

    Les relations des comtes, barons et chevaliers luthériens avec leurs confrères catholiques furent généralement bonnes, allant du bon voisinage à l’amitié déclarée. On note la conclusion de nombreux mariages mixtes, qui cachaient mal des tentatives de conversion au catholicisme. Les autres contacts avec des nobles protestants avaient lieu à l’occasion du Grand Tour en Europe. Les nobles luthériens ont aussi profité de la protection des princes d’Empire protestants. Enfin, ils s’entendaient fort bien avec leurs coreligionnaires hongrois, les luthériens de Sopron et de Presbourg, dont ils fréquentaient régulièrement les temples. Jusque vers 1650, les curés des paroisses catholiques eurent de bonnes relations avec les seigneurs luthériens, mais la Contre-Réforme militante détériora les rapports, et, après 1652, les nobles abandonnèrent leurs paysans pour sauver leurs privilèges confessionnels et continuer de pratiquer légalement leur religion.

    L’auteur a eu la judicieuse idée d’esquisser une comparaison avec le destin du peerage et de la gentry catholique en Angleterre, ainsi qu’avec les ducs et pairs français. Partout la loyauté à l’égard du prince est l’élément dominant, et l’attitude contestataire des noblesses de la seconde moitié du XVI e siècle semble appartenir au passé. Mais les nobles protestants considéraient aussi que leur honneur de gentilshommes les obligeait à demeurer fidèles à la foi de leurs pères, bien plus que des arguments théologiques, de sorte que les conversions demeurèrent des phénomènes individuels.

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    PSJ Metadata
    Jean Bérenger
    A. Schreiber, Adeliger Habitus und konfessionelle Identität (Jean Bérenger)
    CC-BY-NC-ND 3.0
    Frühe Neuzeit (1500-1789)
    Europa, Ostmitteleuropa
    Kirchen- und Religionsgeschichte
    17. Jh.
    4043271-3 4000464-8 4026482-8 4130730-6
    1620-1700
    Österreich (4043271-3), Adel (4000464-8), Identität (4026482-8), Protestant (4130730-6)
    PDF document schreiber_berenger.doc.pdf — PDF document, 102 KB
    A. Schreiber, Adeliger Habitus und konfessionelle Identität (Jean Bérenger)
    In: Francia-Recensio 2013/4 | Frühe Neuzeit - Revolution - Empire (1500-1815)
    URL: https://prae.perspectivia.net/publikationen/francia/francia-recensio/2013-4/FN/schreiber_berenger
    Veröffentlicht am: 10.12.2013 13:10
    Zugriff vom: 17.02.2020 20:01
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