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    S. Burkhardt, Mediterranes Kaisertum und imperiale Ordnung (Michel Balard)

    Francia-Recensio 2015/3 Mittelalter – Moyen Âge (500–1500)

    Stefan Burkhardt, Mediterranes Kaisertum und imperiale Ordnung. Das lateinische Kaiserreich von Konstantinopel, Berlin, New York (De Gruyter) 2014, 463 S., 25 s/w Abb., 1 farb. Karte (Europa im Mittelalter. Abhandlungen und Beiträge zur historischen Komparatistik, 25), ISBN 978-3-05-006486-4, EUR 124,95.

    rezensiert von/compte rendu rédigé par

    Michel Balard, Paris

    Issu d’une habilitation soutenue en 2012, l’ouvrage de Stefan Burkhardt cherche à reconnaître ce qui caractérise l’idée et les réalités de l’empire dans le monde méditerranéen médiéval, ce qui conduit l’auteur à parcourir un large espace, de la Catalogne au royaume de Jérusalem, et de l’empire romain-germanique à Byzance, l’empire latin de Constantinople, objet du sous-titre du livre, n’étant par sa brièveté et son échec que la contre-épreuve de la démonstration présentée par l’auteur.

    L’ouvrage comprend trois parties. La première s’intéresse à la notion d’»empire«, notion qui recouvre un grand nombre de phénomènes historiques fort divers. Ce qui distingue le pouvoir impérial du pouvoir d’un prince ou d’un roi c’est l’élévation du rang social de son détenteur, et surtout sa mise en scène qui se manifeste par le couronnement, le port d’insignes spécifiques, un rituel de majesté et une richesse éclatante. Acquis par conquête ou par élection, un empire se distingue par la domination d’un espace très large, la possession d’une capitale prestigieuse et la création d’une dynastie assurant sa continuité.

    Comparant Orient et Occident, l’auteur met en évidence des différences essentielles: l’empereur germanique est élu par ses pairs et couronné par le pape, une cérémonie indispensable pour la reconnaissance de son titre. Mais ses compétences sont mal définies et incontrôlables, ses fonctions officielles peu précises. À Byzance, au contraire, le basileusse considère au sommet d’une hiérarchie des souverains de la terre, en quelque sorte comme le maître du monde, quel que soit l’espace, même limité à Constantinople, où il exerce réellement son pouvoir. Un rituel sacralisant fait de lui un personnage hors du temps. »Empereur et prêtre«, il a le monopole de la pourpre; ses sceaux et sa monnaie d’or expriment sa souveraineté incontestée, mais il y a souvent un grand écart entre l’image suggérée et la réalité politique du moment.

    Dans une seconde partie, est examiné ce qui caractérise l’ordre impérial. L’auteur nous présente plusieurs formes, réelles ou seulement esquissées, de dominations impériales: Byzance avant 1204, les califats musulmans, le royaume normand, l’empire romain-germanique, les réseaux commerciaux des républiques maritimes italiennes, les royaumes d’Aragon et de Castille, le royaume latin de Jérusalem, le prestige quasi impérial de saint Louis. Partout, le souverain exerce un grand pouvoir d’attraction sur les différents groupes sociaux, gens d’Église, hommes d’affaires, soldats et »officiers«qui l’assistent, tous agissant dans un intérêt commun et concourant au soutien de l’empire et de sa mise en scène. Six critères caractérisent l’ordre impérial: la force militaire, le sacré, la puissance économique, la domination de la mer, le contrôle d’un vaste territoire et de larges relations diplomatiques qui assurent une hégémonie dans un secteur important de la Méditerranée.

    La troisième partie revient sur quelques caractéristiques de l’ordre impérial, en particulier les relations entre un empire et les religions. Prenant l’exemple de l’empire latin de Constantinople, l’auteur montre que son échec ne vient pas seulement des différences religieuses et culturelles qui opposent les divers groupes qui le constituent. Marchands italiens, surtout vénitiens, chevaliers lombards, archontes grecs, clergé latin ont de telles différences de mentalité, de telles diversités linguistiques et religieuses qu’il est quasi impossible de construire un ordre impérial, faute du soutien de la population. Même si le couronnement et la mise en scène du pouvoir existent, l’insuffisance des moyens militaires et économiques condamne l’empire latin à n’être qu’un empire virtuel, constamment sous pression jusqu’à son échec final en 1261. Face à lui et après lui, Charles d’Anjou qui bénéficie de gros moyens militaires et économiques, de l’appui de l’Église et de réseaux français, hérite de la conception impériale byzantine et arrive au seuil du pouvoir impérial que lui ôte l’impact des Vêpres siciliennes. De même Venise, utilisant les mêmes principes, réussit à construire un empire sous une autre forme, toute économique, sans exclure le recours à des opérations politiques et militaires.

    L’empire n’est donc pas une réalité fixe, mais une force d’attraction acceptée par les groupes sociaux vers la personne d’un empereur, dont la force réelle compte souvent moins que la force imaginaire (vêtements, cérémonie, rituel) exercée dans un espace très large.

    S’appuyant sur une ample bibliographie de plus de soixante pages, la démonstration de l’auteur met ainsi en évidence l’ambiguïté de la notion d’»empire«dans la diversité du monde méditerranéen médiéval.

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    PSJ Metadata
    Michel Balard
    Deutsches Historisches Institut Paris
    Mediterranes Kaisertum und imperiale Ordnung
    Das lateinische Kaiserreich von Konstantinopel
    fr
    CC-BY-NC-ND 4.0
    Spätes Mittelalter (1350-1500), Frühes Mittelalter (600-1050), Hohes Mittelalter (1050-1350)
    Europa nördlich und westlich der Italienischen Halbinsel / Alte Welt, Südosteuropa / Alte Welt, Byzanz
    Geschichte allgemein, Theorie und Methode der Geschichtswissenschaften
    Mittelalter
    500-1500
    Mittelalter (4129108-6), Lateinisches Kaiserreich (4265416-6)
    PDF document burkhardt_balard.doc.pdf — PDF document, 323 KB
    S. Burkhardt, Mediterranes Kaisertum und imperiale Ordnung (Michel Balard)
    In: Francia-Recensio 2015/3 | Mittelalter – Moyen Âge (500–1500) | ISSN: 2425-3510
    URL: https://prae.perspectivia.net/publikationen/francia/francia-recensio/2015-3/ma/burkhardt_balard
    Veröffentlicht am: 11.09.2015 16:44
    Zugriff vom: 07.08.2020 14:23
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