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    M. Cüppers, J. Matthäus, A. Angrick (Hg.), Naziverbrechen (David Gallo)

    Francia-Recensio 2015/3 19./20. Jahrhundert – Histoire contemporaine

    Martin Cüppers, Jürgen Matthäus, Andrej Angrick (Hg.), Naziverbrechen. Täter, Taten, Bewältigungsversuche, Darmstadt (Wissenschaftliche Buchgesellschaft) 2013, 384 S., 48 Abb. (Veröffentlichungen der Forschungsstelle Ludwigsburg, 25), ISBN 978-3-534-26311-0, EUR 59,90.

    rezensiert von/compte rendu rédigé par

    David Gallo, Paris

    Le 65e anniversaire de l’historien allemand Klaus-Michael Mallmann fournit l’occasion de la publication d’un volume collectif dirigé par Martin Cüppers (Stuttgart), Jürgen Matthäus (Washington) et Andrej  Angrick (Hambourg). À travers une vingtaine de contributions, celui-ci brosse un tableau des différentes directions explorées par l’historiographie de la Shoah et des crimes de masse du régime nazi au cours des vingt dernières années, qui ont constitué »la phase sans doute la plus productive«(p. 17) dans ce champ de recherche.

    De fait, si Mallmann, né en 1948, a derrière lui une longue carrière comme journaliste puis comme historien du mouvement ouvrier et de la région de la Sarre aux XIXe et XXe siècles, c’est surtout pour le rôle central qu’il a joué durant ces deux dernières décennies qu’il est aujourd’hui connu. Mallmann a été l’un des principaux initiateurs de la »recherche sur les acteurs« des crimes nazis (Täterforschung), qui a connu son essor dans la première moitié des années 1990 – dans le contexte des controverses autour des travaux de Christopher Browning et de Daniel Goldhagen ainsi que des expositions sur les crimes de la Wehrmacht – et a replacé les biographies des bourreaux et la question de leurs motivations au centre des études sur la Shoah. Il a continué par la suite d’être l’un des principaux acteurs du développement de ce champ d’investigation. Sa position de directeur scientifique de la Forschungsstelle Ludwigsburg, créée en 2001 au sein de l’université de Stuttgart et qui a hérité des archives du service central d’enquêtes sur les crimes nationaux-socialistes (Zentrale Stelle der Landesjustizverwaltungen zur Aufklärung nationalsozialistischer Verbrechen Ludwigsburg ou ZStL) fondée en 1958 au même endroit, l’a notamment amené à être, tout en poursuivant ses propres travaux, le moteur d’une longue série de projets de recherche et de publications, toujours en cours.

    Les contributions rassemblées dans le présent volume par les collègues et élèves de Mallmann offrent, de par leur variété et leur qualité, un témoignage éloquent de l’importance scientifique de ces travaux, ainsi que de leur résonance, qui s’étend bien au-delà d’Allemagne et atteste du caractère authentiquement international du champ d’études dans lequel s’est inscrit la trajectoire de l’historien.

    Le spectre des thématiques abordées est plus large et le champ chronologique et géographique embrassé dans l’ouvrage plus vaste encore que ce que laissent penser les trois parties annoncées par le sommaire – consacrées respectivement aux acteurs et à leurs crimes, au traitement des sources, et au contexte politique et judiciaire de l’après-guerre. L’histoire des relations et de la politique internationale du »Troisième Reich«, les différentes dimensions et moments des politiques criminelles du national-socialisme, les parcours et les motivations des exécuteurs du génocide, les procès des coupables ou au contraire la réinsertion de certains groupes d’acteurs après 1945, en Allemagne comme à l’étranger, la comparaison entre les crimes du régime nazi et d’autres cas de génocides tels que celui du Rwanda sont ainsi autant d’objets de recherche auxquels les différentes contributions constituent des portes d’entrées. La totalité des textes présentés s’ancrent de surcroît dans des travaux récents ou sont issus de recherches inédites au moment de la parution du volume.

    Ce ne sont pas seulement cette diversité, cette richesse et cette actualité qui font l’intérêt de l’ouvrage, mais aussi la réflexion qu’il contient sur les méthodes de l’histoire. Deux contributions peuvent notamment retenir particulièrement l’attention du fait des pistes qu’elles ouvrent pour la recherche future. Jürgen Matthäus et Christopher Browning abordent ainsi le problème de l’exploitation des sources photographiques dans le domaine de l’histoire de la Shoah (p. 135–191), dans un texte très instructif qui conjugue une critique bienvenue et argumentée du manque de discernement qui caractérise trop souvent l’usage purement illustratif fait par l’historiographie du document photographique et une démonstration, documents originaux à l’appui, de l’intérêt heuristique que peut avoir une exploitation de l’image aussi méthodique et précise que possible, attentive non seulement au contenu apparent des sources photographiques, mais aussi à ce que leurs différents contextes de production et de présentation peuvent révéler. Dan Michman souligne (p. 213–227), quant à lui, tout le bénéfice que l’histoire de la Shoah aurait à tirer d’un triple renouvellement des perspectives, qui impliquerait un renouveau de l’intérêt pour l’Europe de l’Ouest – relativement négligée au profit des territoires de l’ex-URSS depuis le début des années 1990 –, l’intégration des acquis de l’histoire des communautés juives trop souvent ignorée par les historiens du génocide (la géographie et la sociologie particulières des différentes populations juives étant notamment indispensables pour comprendre les modalités de la persécution), et surtout, enfin, l’adoption d’une méthode d’ histoire intégrée, dépassant les cloisonnements nationaux pour embrasser l’ensemble de l’espace européen, théâtre de la »solution finale«.

    Il n’est guère possible d’évoquer ici plus avant et de façon exhaustive l’ensemble des 19 contributions réunies en l’honneur de Klaus-Michael Mallmann. L’on conclura donc en soulignant que le pari fait dans l’introduction de l’ouvrage par les éditeurs, à savoir de présenter un »aperçu actuel« de »la diversité et de la complexité de la recherche«sur le régime nazi et ses crimes, est pleinement tenu. Et l’on soulignera pour finir le travail éditorial réalisé – certaines des contributions sont richement illustrées et le texte est accompagné d’un index des noms de lieu et de personnes –, d’une qualité rare pour un volume d’un tel type, et qui inscrit à plein titre le présent ouvrage dans la série des publications de la Forschungsstelle Ludwigsburg de l’université de Stuttgart, qui s’est imposée comme une référence dans son champ de recherche.

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    PSJ Metadata
    David Gallo
    Deutsches Historisches Institut Paris
    Naziverbrechen
    Täter, Taten, Bewältigungsversuche
    fr
    CC-BY-NC-ND 4.0
    Zeitgeschichte (1918-1945)
    Deutschland / Mitteleuropa allgemein
    Politikgeschichte, Rechtsgeschichte
    1930 - 1939, 1940 - 1949
    Nationalsozialistisches Verbrechen (4075228-8), Mallmann, Klaus-Michael (124557872), Bibliografie (4006432-3)
    PDF document cueppers_gallo.doc.pdf — PDF document, 330 KB
    M. Cüppers, J. Matthäus, A. Angrick (Hg.), Naziverbrechen (David Gallo)
    In: Francia-Recensio 2015/3 | 19./20. Jahrhundert – Histoire contemporaine | ISSN: 2425-3510
    URL: https://prae.perspectivia.net/publikationen/francia/francia-recensio/2015-3/zg/cueppers_gallo
    Veröffentlicht am: 11.09.2015 16:53
    Zugriff vom: 09.07.2020 02:38
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