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    A. Schwarcz, K. Kaska (Hg.), Urkunden – Schriften – Lebensordnungen (Julian Führer)

    Francia-Recensio 2016/3 Mittelalter – Moyen Âge (500–1500)

    Andreas Schwarcz, Katharina Kaska (Hg.), Urkunden – Schriften – Lebensordnungen. Neue Beiträge zur Mediävistik. Vorträge der Jahrestagung des Instituts für Österreichische Geschichtsforschung aus Anlass des 100. Geburtstags von Heinrich Fichtenau (1912–2000) (Wien, 13.–15. Dezember 2012), Köln, Weimar, Wien (Böhlau) 2015, 371 S., 48 Abb. (Veröffentlichungen des Instituts für Österreichische Geschichtsforschung, 63), ISBN 978-3-205-79633-6, EUR 79,80.

    rezensiert von/compte rendu rédigé par

    Julian Führer, Zürich

    Le médiéviste autrichien Heinrich Fichtenau, disparu en l’an 2000, aurait eu cent ans en 2012; afin de commémorer l’anniversaire de son ancien directeur, le prestigieux Institut für Österreichische Geschichtsforschung à Vienne a réuni des anciens collègues et des élèves en colloque dont voici les actes avec 21 articles qu’il ne peut être question de résumer un par un dans cette recension.

    Heinrich Fichtenau avait soutenu son habilitation en 1942; parue en 1946 sous le titre »Mensch und Schrift im Mittelalter«, son auteur y tenta de réunir l’approche paléographique classique autant que les apports de courants en vogue depuis les années 1920, comme la psychologie appliquée aux écritures individuelles. Ce livre, farouchement critiqué par plus d’un lecteur à sa parution, a vieilli avec les idées de la psychanalyse et de la psychologie des peuples de l’époque; en même temps, il était en quelque sorte en avance sur son temps, car l’auteur avait comme projet d’inscrire une discipline, en l’occurrence la paléographie, de prime abord considérée comme science auxiliaire de l’histoire, dans un cadre de recherche élargi, jetant par là les premiers jalons d’une étude interdisciplinaire comme le regretté Peter Rück allait la réaliser dans les années 1990. Winfried Stelzer, David Ganz et Beat von Scarpatetti s’interrogent dans leurs articles respectifs sur la place de »Mensch und Schrift im Mittelalter« et des écrits ultérieurs de Fichtenau dans les débats paléographiques de la seconde moitié du siècle dernier. Il est à noter que Fichtenau a enseigné la paléographie pendant des décennies à Vienne et qu’il possédait une connaissance approfondie de la recherche internationale dans ce domaine – comme le prouve le grand nombre de comptes rendus qu’il rédigea dans la revue phare de son institut, les »Mitteilungen des Instituts für Österreichische Geschichtsforschung«.

    Un autre ouvrage de Heinrich Fichtenau de la fin des années 1940 allait connaître une destinée tout à fait différente. Le livre intitulé »Das karolingische Imperium. Soziale und geistige Problematik eines Großreiches«, paru à Zurich en 1949, révèle l’influence qu’ont eue sur l’auteur les événements de la guerre (à laquelle il avait participé, puisqu’il était devenu Allemand après le rattachement de l’Autriche au Reich allemand) et de l’immédiat après-guerre. L’empire carolingien avait échoué d’après Fichtenau, trop grand, trop enclin à imposer une hégémonie. Son intérêt pour Charlemagne et Louis le Pieux est contrasté, et le premier avec son dynamisme semble avoir beaucoup plus passionné Fichtenau que l’autre. Janet Nelson note avec curiosité que l’auteur avait tendance à prêter confiance aux anecdotes de Notker de Saint-Gall, qu’il citait pour ses anecdotes thuriféraires en l’honneur de Charlemagne alors qu’il s’en tenait à des sources bien plus ternes pour évoquer Louis le Pieux. Cet article souligne aussi que la traduction anglaise, parue en 1957, est amputée de certaines parties, que quelques expressions sont traduites de façon surprenante et, finalement, que ce livre a connu une belle fortune – étant resté un ouvrage de référence pour des générations entières d’étudiants dans le monde anglophone. Dans le groupe d’articles inspiré par »Das karolingische Imperium«, Helmut Reimitz publie un article de fond, »Viri inlustres und omnes Franci: Zur Gestaltung der feinen Unterschiede in historiographischen und diplomatischen Quellen der frühen Karolingerzeit«, p. 123–149, où les sources narratives de la fin de l’époque mérovingienne et du début du règne des Carolingiens sont mises en perspective par le biais de la transmission des textes. L’édition de la chronique dite du »Pseudo-Frédégaire« – telle qu’elle est publiée dans l’édition de Bruno Krusch aux Monumenta Germaniae Historica de 1888 – amalgame plusieurs familles de manuscrits. Il en résulte que le lecteur non averti et trop confiant quant à l’érudition des MGH lira un texte hybride qui amalgame une version mérovingienne de la chronique elle-même à des continuations procarolingiennes, ce qui entraîne bien entendu des incohérences. Les compilateurs étaient tout à fait conscients de l’ampleur de leur tâche et s’appliquaient à réorienter aussi le texte du VIIe siècle dans le travail de réécriture et de continuation au VIIIe. On se gardera de considérer cette »chaîne de chroniques« (terme d’Ian Wood, p. 123) comme le témoin d’une époque barbare, fruste et inculte.

    Nous devons à Heinrich Fichtenau, éminent diplomatiste, une étude pionnière de 1957 sur les préambules des chartes et diplômes médiévaux ainsi qu’un panorama magistral paru en 1971 intitulé »Das Urkundenwesen in Österreich vom 8. bis zum frühen 13. Jahrhundert«. En guise d’hommage, plusieurs articles examinent des questions qui découlent de ce champ de recherches, dont une étude des traditions du monastère de Garsten (Siegfried Haider, p. 213–227), une autre des »scriptoria« de Reichersberg et Göttweig (Christian Lackner, p. 239–249), et deux articles traitant de sigillographie (Roman Zehetmayer à propos de la marche des Babenberg, p. 251–271, et Claudia Feller au sujet des sceaux de femmes dans l’Autriche médiévale, p. 273–291). Les actes examinés par Werner Maleczek à la recherche des signatures autographes entre le VIIIe et le XIIIe siècle réunissent les approches paléographique et diplomatique de Fichtenau (p. 161–192) avec une foule d’informations très utiles, notamment dans les notes en bas de page et grâce à des reproductions pertinentes.

    Un dernier groupe d’articles dépasse le cadre des intérêts scientifiques de Fichtenau et essaie de cerner celui-ci dans des études en partie basées sur des souvenirs, en partie sur des travaux d’archives (Fichtenau comme directeur de l’Institut für Österreichische Geschichtsforschung, comme professeur, comme collègue …). Patrick Geary décrit la présence de Fichtenau à l’étranger qui était en fait une absence physique stricte puisqu’il ne quittait l’Autriche que fort rarement et qu’il n’assistait pas ou très peu aux congrès et colloques; en même temps, ses écrits étaient lus, son opinion sollicitée. Le souvenir le plus chaleureux est certainement celui de Herwig Wolfram, son ancien assistant, puis son successeur (»Heinrich Fichtenau als Mensch und Lehrer«, p. 337–344). Enfin, Manfred Stoy, meilleur connaisseur de l’histoire interne de cet institut tant renommé, relate les machinations de l’ancien directeur Leo Santifaller et de tant d’autres pour éviter (ou soutenir) la candidature de Fichtenau à Vienne. L’attribution de postes aura probablement toujours été un domaine où les qualités scientifiques n’étaient qu’un argument parmi d’autres en faveur ou contre un candidat.

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    PSJ Metadata
    Julian Führer
    Urkunden – Schriften – Lebensordnungen
    Neue Beiträge zur Mediävistik
    fr
    CC-BY-NC-ND 4.0
    Frühes Mittelalter (600-1050), Hohes Mittelalter (1050-1350), Spätes Mittelalter (1350-1500)
    Europa
    Geschichte allgemein
    Mittelalter
    500-1500
    Mediävistik (4038217-5), Fichtenau, Heinrich (125165803)
    PDF document schwarcz_fuehrer.doc.pdf — PDF document, 335 KB
    A. Schwarcz, K. Kaska (Hg.), Urkunden – Schriften – Lebensordnungen (Julian Führer)
    In: Francia-Recensio 2016/3 | Mittelalter – Moyen Âge (500–1500) | ISSN: 2425-3510
    URL: https://prae.perspectivia.net/publikationen/francia/francia-recensio/2016-3/ma/schwarcz_fuehrer
    Veröffentlicht am: 20.09.2016 12:20
    Zugriff vom: 27.01.2020 00:40
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