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    T. Lau, H. Wittmann (Hg.), Kaiser, Reich und Reichsstadt in der Interaktion (Jonas Bechtold)

    Francia-Recensio 2016/4 Frühe Neuzeit – Revolution – Empire (1500–1815)

    Thomas Lau, Helge Wittmann (Hg.), Kaiser, Reich und Reichsstadt in der Interaktion. 3. Tagung des Mühlhäuser Arbeitskreises für Reichsstadtgeschichte Mühlhausen 16. bis 18. Februar, Petersberg (Michael Imhof Verlag) 2016, 327 S., zahlr. Abb. (Studien zur Reichsstadtgeschichte, 3), ISBN 978-3-7319-0262-1, EUR 29,95.

    rezensiert von/compte rendu rédigé par

    Jonas Bechtold, Bonn

    L’étude des villes libres de l’Empire est une discipline classique de la science historique allemande à laquelle le Mühlhäuser Arbeitskreis für Reichsstadtgeschichte dédie depuis trois ans des études approfondies.

    Le troisième recueil d’articles de ce groupe de travail considère dans ses études de »longue durée« (p. 314) les villes libres de l’Empire comme des intersections (»Kreuzungspunkte«, p. 9) d’une interaction verticale (quant aux institutions de l’Empire) autant qu’horizontale (quant aux princes et communes voisins). Les contributeurs se donnent donc pour but de faire ressortir les intrications entre les villes libres et l’ensemble de l’Empire. Parmi les treize articles de ce volume se trouvent des approches différentes – partant soit d’une ville précise, soit d’un aspect thématique.

    La première contribution de Mathias Kälble (»Stadt, Adel und Reich – Städtische Bündnispolitik in Thüringen bis zu den Anfängen des Dreistädtebundes (1304/06)«, p. 13–40) est consacrée à l’avancement des villes au niveau des princes par des alliances communales (»Städtebund«). À travers l’exemple des villes libres en Thuringe, Kälble montre comment les villes apprirent à s’intégrer dans le système d’alliances des princes. Avantagées par les changements dynastiques au sein de l’Empire et au sein du comté de Thuringe, les villes libres purent poursuivre une politique d’alliance avec plus d’assurance.

    Hartmut Semmler porte l’attention sur les petites villes de l’Empire, dont Buchhorn représente un bon exemple avec ses 500 habitants à l’époque. Dans son article »Städtebünde als Selbstbehauptungsstrategie – Die Bodenseestädte Buchhorn und Überlingen im 14. und 15. Jahrhundert« (p. 41–60), Semmler réussit à expliquer que le règlement d’un conflit régional put être obtenu plus efficacement par l’intervention des alliances communales voisines que par l’implication des institutions de l’Empire – l’interaction horizontale dame le pion à l’intervention verticale.

    Wolfgang Wüst (»Reichstage und Reichsstädte – Netzwerke in Süddeutschland im ausgehenden Mittelalter und in beginnender Frühen Neuzeit«, p. 61–84) étudie le »couple institutionnel de ville et diète de l’Empire«  (p. 67). À la base de ses réflexions méthodologiques, son article analyse les interactions de Ratisbonne et Augsbourg, les hôtes des diètes, avec l’empereur ou avec les États de l’Empire.

    Deux contributions d’Erfurt (Matthias Werner: »Erfurt und das Reich bis zum Ende des 13. Jahrhunderts«, p. 85–126) et de Riga (Anna Ziemlewska: »Riga und das Römische Reich nach Auflösung der livländischen Konföderation«, p. 147–156) montrent comment les villes sans statut de ville libre de l’Empire maintenaient leur autonomie. Dans son article, Mathias Werner ne présente pas ses propres recherches sur la relation entre Erfurt et l'Empire mais introduit simplement le sujet en résumant les informations disponibles, tandis qu’Anna Ziemlewska expose que la ville de Riga devait définir sa place dans l’entrelacs du conflit sur le dominium maris baltici, et donc changea son obédience à l’Empire ou au roi de Pologne. Le choix entre les deux fut surtout une question de politique économique qui divisa les citoyens de la ville. Ainsi les négociations à Vienne sur le statut d’une ville libre de l’Empire auraient-elles été plutôt un moyen de compromis qu’une intention réelle.

    Evelien Timpener (»Reichsstadt, Städtebunde und Reich – Augsburg auf der Suche nach politischer Unterstützung bei regionalen Konflikten«, p. 127–146) étudie l’interaction de la diplomatie communale d’Augsbourg au niveau local (évêque d‘Augsbourg, duc de Bavière), régional (alliances des villes souabes) et suprarégional (roi, Saint-Siège). Elle conclut qu’au XVe siècle la ville d’Augsbourg organisa des relations flexibles à la royauté qu’elle put intensifier occasionnellement. Le choix du partenaire politique dépendit aussi de la situation économique: Aux temps d’austérité, la ville préféra des partenaires locaux et régionaux aux délégations chères à la cour royale. Autant que les interactions variées d’Augsbourg, l’empêchement d’une interaction devrait être pris en compte comme un modèle pour l’autonomie communale à la fin du Moyen Âge. Ce fut le cas quand Louis IV intervint dans la constitution de Dortmund. Son privilège compromettait le consensus politique dans la ville et ne fut donc pas appliqué (Thomas Schilp: »Königliches Privileg gegen reichstädtische Autonomie? Überlegungen zu den Wirren um das Privileg Kaiser Ludwigs IV. für Dortmund 1332«, p. 157–180).

    Pour les villes qui ne recevaient leurs privilèges d’aucun autre seigneur que l’empereur, la distance avec la cour fut toujours d’importance politique. Sur la base des rapports diplomatiques de Walter von Schwarzenberg, l’envoyé communal de Francfort, Christopher Folkens (»Städtische Gesandte als Akteure im Spannungsfeld zwischen Reichsstadt, Reich und Königtum – Das Beispiel des Frankfurter Gesandten Walter von Schwarzenberg«, p.181–206) pose la question de la stratégie et les moyens de la politique étrangère de Francfort au XVesiècle. L’auteur fait ressortir une stratégie politique qui sut répondre aux devoir à l’empereur (troupes, impôts) tout en liant l’exécution de ces devoirs à la satisfaction des intérêts communaux. Les moyens nécessaires de cette politique étaient l’influence personnelle du diplomate Schwarzenberg et le versement d’un impôt notable.

    Le règne de Charles V fut – comme plus tard au XVIIIesiècle – une époque d’énorme influence de l’empereur sur les villes de l’Empire. Dans sa contribution, Ulrich Hausmann (»sie gehorchen dem Kaiser, wenn es ihnen beliebt– Zum Verhältnis zwischen Reichsoberhaupt und Reichsstädten anhand von Untertanensuppliken am Reichshofrat im späten 16. Jahrhundert«, p. 207–234) s’intéresse au fonctionnement de la communication entre l’Empereur et les villes de l’Empire après Charles V, précisément pendant le règne de Rudolf II. Comme la présence de l’Empereur était rare, le moyen de communication se limita au Conseil impérial aulique (Reichshofrat). À l’aide des suppliques, Hausmann met en lumière un contact administratif très étroit avec les villes impériales qu’il qualifie de »communication en triangle«  (p. 217–218) entre le citoyen suppliant, le Conseil et la ville. Hausmann conclut que la maxime de stabilité de l’Empire fut décisive pour la politique impériale. Le fait que, en cas de conflit entre ville et citoyen, l’administration impériale se rangeait du côté de l’administration communale montrait l’intention de lier les villes à l’Empereur (p. 223).

    Un bon exemple pour l’interdépendance horizontale entre les villes de l’Empire et d’autres princes est présenté par André Krischer dans son article bien structuré et lisible »Gevatter Stadt – Patenschaften als politische Praxis in den reichsstädtischen Außenbeziehungen« (p. 235–252). Il analyse les parrainages des conseils communaux pour les enfants princiers à l’époque moderne et soutient la thèse que la cognatio spiritualis, cette parenté construite, fut un moyen tout à fait politique. Les trois cas étudiés mènent à la conclusion que les parrainages des seigneurs communaux pour un prince nouveau-né furent d’un côté de caractère rituel dans la politique étrangère communale et de l’autre côté un échange de capital symbolique contre capital économique. Ainsi le parrainage ouvrait-il un canal pour la corruption.

    L’article de Thomas Lau (»Fehlsteuerung – Der Reichshofrat und die Mühlhäuser Unruhen an den Jahren 1731 bis 1733«, p. 253–274) traite des émeutes dans la ville de Mühlhausen (Thuringe) entre 1731 et 1733. L’auteur met en question les résultats de recherche selon lesquels les problèmes et le dysfonctionnement interne d’une ville au XVIIIesiècle étaient les causes d’une émeute. En revanche, Lau montre par l’exemple de Mühlhausen que l’implication de l’Empire, ici le Reichshofrat, fût une autre cause. Ceci poursuivit une stratégie traditionnelle par une commission impériale: consolidation des finances communales afin d’approfondir les liens de la ville à l’empereur. Les limites du pouvoir impérial (»die Grenzen kaiserlicher Gestaltungskraft im Reich«, p. 272) se manifesteraient dans l’échec de cette stratégie, dans la réaction des citoyens, dans la politique désemparée du Reichshofrat et dans son ignorance face à la situation spécifique de Mühlhausen.

    Finalement, Axel Gotthard enrichit le recueil d’articles de ses réflexions approfondies sur »Die Mediatisierung der Reichsstädte« (p. 275–306). Dans un style imagé, il décrit le système des villes de l’Empire à la fin du XVIIIesiècle au bord de l’effondrement: un refus des réformes, des montagnes de dettes, des élites conservatrices et la moquerie venant des intellectuels éclairés esquissaient le déclin des villes libres de l’Empire. Gotthard cependant inclut les influences de l’extérieur dans les facteurs de la médiatisation des villes, que ce soit l’expansion de la France napoléonienne ou l’incapacité de Vienne qui s’occupa de ses intérêts dynastiques au lieu de protéger les petits États de l’Empire. Il montre aussi que les villes de l’Empire ne s’opposaient guère aux décisions prises en 1803, excepté les villes hanséatiques qui commencèrent tôt et avec succès d’agir contre la médiatisation par leurs moyens diplomatiques et fiscaux. Gotthard entame aussi une réflexion sur le lien entre la pratique constitutionnelle des villes de l’Empire et l’idée du libéralisme bourgeois au XIXesiècle; réflexion qui – bien que présentant des approches intéressantes pour une recherche plus approfondie – ne touche qu’indirectement à la problématique de ce livre.

    Matthias Schnettger donne dans sa »Rückschau« (p. 307–314) une conclusion précise. En réfléchissant aux continuités et ruptures pour les villes de l’Empire dans une société des princes au-delà des périodisations traditionnelles, il insiste sur le fait que la perspective de longue durée apporte aux questions du livre des réponses productives. Il réfléchit aussi à l’analyse des acteurs individuels au lieu d’étudier la ville de l’Empire seulement par son conseil (»die Kollektivakteure Reichsstädte analytisch in ihre Einzelteile zerlegen«, p. 312). Beaucoup d’articles de ce recueil ont suivi cette approche par les acteurs et ont donc un bien meilleur rendement.

    Les études montrent une diversité des villes libres de l’Empire dont le livre ne peut inévitablement donner qu’un aperçu. Mais les approches hétérogènes et les résultats du troisième volume de cette collection – soient-ils systématiques ou monocommunales – constitueront des références de qualité pour d’autres recherches.

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    Jonas Bechtold
    Kaiser, Reich und Reichsstadt in der Interaktion
    3. Tagung des Mühlhäuser Arbeitskreises für Reichsstadtgeschichte Mühlhausen 16. bis 18. Februar
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    CC-BY-NC-ND 4.0
    Hohes Mittelalter (1050-1350), Spätes Mittelalter (1350-1500), Frühe Neuzeit (1500-1789), Neuzeit / Neuere Geschichte (1789-1918)
    Deutschland / Mitteleuropa allgemein
    Politikgeschichte
    Mittelalter, Neuzeit bis 1900
    1230-1803
    Deutschland (4011882-4), Politische Institution (4132693-3), Reichsstadt (4131009-3)
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    T. Lau, H. Wittmann (Hg.), Kaiser, Reich und Reichsstadt in der Interaktion (Jonas Bechtold)
    In: Francia-Recensio 2016/4 | Frühe Neuzeit – Revolution – Empire (1500-1815) | ISSN: 2425-3510
    URL: https://prae.perspectivia.net/publikationen/francia/francia-recensio/2016-4/fn/lau_bechtold
    Veröffentlicht am: 12.12.2016 09:47
    Zugriff vom: 31.03.2020 08:37
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