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    X. Hélary, J.-F. Nieus, A. Provost, M. Suttor (dir.), Les archives princières, XIIe–XVe siècles (Benoît-Michel Tock)

    Francia-Recensio 2016/4 Mittelalter – Moyen Âge (500–1500)

    Xavier Hélary, Jean-François Nieus, Alain Provost, Marc Suttor (dir.), Les archives princières, XIIe–XVe siècles, Arras (Artois Presses Université) 2016, 334 p. (Histoire), ISBN 978-2-84832-230-8, EUR 28,00.

    rezensiert von/compte rendu rédigé par

    Benoît-Michel Tock, Strasbourg

    L’attention des historiens et des diplomatistes s’est récemment tournée plus qu’avant vers l’histoire des archives. Celles-ci jouent en effet un rôle de premier plan en ce qui concerne la diplomatique, puisqu’elles permettent de mieux comprendre quel était l’usage concret des actes écrits au Moyen Âge. Mais elles concernent aussi l’histoire institutionnelle et politique, dans la mesure où la conservation et l’organisation systématiques d’archives sont nées parce qu’elles permettaient de doter les puissances d’un outil politique supplémentaire. Ce sont d’abord les grands dépôts royaux (et pontificaux) qui ont été étudiés, ainsi que certaines archives ecclésiastiques (monastiques ou cathédrales). Le présent volume, qui réunit les actes de deux journées d’études organisées en 2010 à Arras et Bruxelles, attire l’attention sur les archives des princes.

    Jan W. J. Burgers retrace l’histoire des archives des comtes de Hollande. La principale particularité de cette histoire, c’est sous la »régence«, puis le principat de Jean d’Avesnes (comte de 1299 à 1304), la rédaction d’un premier cartulaire, et le transfert d’une bonne partie des archives en Hainaut, non tant pour les protéger que pour pouvoir les utiliser. Chez les comtes de Flandre, Jean-François Nieus montre une évolution assez claire: les »archives«sont d’abord très peu strictement organisées; à partir de 1212, elles sont plus ou moins systématiquement déposées à la collégiale Saint-Donatien; en 1248, elles sont sécularisées, inventoriées, transférées dans des châteaux comtaux. Pour le Hainaut, Valeria Van Camp met en avant les différences entre deux documents: le cartulaire réalisé vers 1295 pour Jean d'Avesnes, dont le contenu est en fin de compte très lié à la personne et au parcours de ce comte; et l'inventaire daté d'environ 1321, beaucoup plus systématique, dressé au moment du transfert des archives, jusqu'alors décentralisées à Mons, Valenciennes et Binche, vers Le Quesnoy.

    Lors de l’accession de Philippe de Valois au trône de France en 1328, ses archives personnelles furent versées aux archives royales, où ce fonds fut progressivement démembré pour être organisé de manière très différente et d’être inventorié, comme le suggèrent Marie Dejoux et Ghislain Brunel. Michael Jones étudie l’inventaire des archives du duc de Bretagne dressé en 1430, et s’étonne, mais sans pouvoir l’expliquer complètement, du fait que cet inventaire ignore celui de 1395, ignore aussi une partie des documents conservés à ce moment dans les archives ducales. Le cartulaire dit de Charles II de Navarre, conservé à Pau, est en fait un cartulaire-dossier, un document constitué sous le règne de Charles III le Noble, à l’extrême fin du XIVe siècle, quand il négociait avec la cour de France la restitution de son comté d’Évreux; document qui montre que c’est bien en Navarre que les archives des comtes d’Évreux étaient alors conservées (Philippe Charon). L’étude des plus anciens inventaires des archives des ducs de Bourgogne permet à Armando Torres Fauaz de confirmer que nombre de documents judiciaires n’étaient pas archivés parce que considérés comme sans intérêt pour le duc ; mais aussi de souligner le rôle très important joué par la Chambre des comptes dans la centralisation et la conservation des documents. Nicole Brocard retrace les circonstances de l’élaboration du cartulaire des comtes de Bourgogne en 1318. Gaël Chenard rappelle, à partir du cas du chartrier d’Alphonse de Poitiers, que les chartriers ne se confondent pas avec les archives, et que les inventaires ne recensent souvent que les documents considérés comme utiles, rejetant dans une zone grise les autres documents. En Dauphiné les archives sont confiées pendant longtemps à la collégiale Saint-André de Grenoble; mais elles constituent autant, selon Anne Lemonde, un trésor mémoriel qu’un réservoir d’arguments juridiques. Thierry Pécout s’efforce de retrouver le chartrier médiéval des comtes de Provence à travers une série d’inventaires, les plus anciens conservés, datés de 1524, 1682–1684 et 1820; le résultat est encore très partiel, mais en attendant il est possible de souligner le rôle joué par l’arrivée d’une nouvelle dynastie, ou par la création d’une Chambre des comptes. Enfin, Christelle Balouzat-Loubet présente, non la conservation, mais la production de chartes par les comtes d’Auvergne et par leurs concurrents, les »dauphins«d’Auvergne: deux lignages distincts, mais finalement peu influents dans un territoire très morcelé.

    On appréciera le considérable intérêt de ce livre, qui relance énergiquement les travaux sur les archives princières. Et on soulignera le fait, malheureusement rare, qu’il se termine par une bibliographie cumulative et par un index détaillé.

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    PSJ Metadata
    Benoît-Michel Tock
    Les archives princières, XIIe–XVe siècles
    fr
    CC-BY-NC-ND 4.0
    Hohes Mittelalter (1050-1350), Spätes Mittelalter (1350-1500)
    Europa
    Historische Hilfswissenschaften, Geschichte allgemein
    Mittelalter
    1100-1500
    Europa (4015701-5), Fürst (4155603-3), Archiv (4002859-8)
    PDF document helary_tock.doc.pdf — PDF document, 254 KB
    X. Hélary, J.-F. Nieus, A. Provost, M. Suttor (dir.), Les archives princières, XIIe–XVe siècles (Benoît-Michel Tock)
    In: Francia-Recensio 2016/4 | Mittelalter – Moyen Âge (500–1500) | ISSN: 2425-3510
    URL: https://prae.perspectivia.net/publikationen/francia/francia-recensio/2016-4/ma/helary_tock
    Veröffentlicht am: 12.12.2016 09:33
    Zugriff vom: 27.01.2020 00:40
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