Direkt zum Inhalt | Direkt zur Navigation

    T. Lindenberger, M. Sabrow (Hg.), German Zeitgeschichte (Marie-Bénédicte Vincent)

    Francia-Recensio 2017/1 19.‒21. Jahrhundert ‒ Époque contemporaine

    Thomas Lindenberger, Martin Sabrow (Hg.), German Zeitgeschichte. Konturen eines Forschungsfeldes, Göttingen (Wallstein) 2016, 312 S., 4 Abb., ISBN 978-3-8353-1912-7, EUR 34,90.

    rezensiert von/compte rendu rédigé par

    Marie-Bénédicte Vincent, Paris

    Le choix de ce titre mixte au plan linguistique donne à voir l’ambition de l’ouvrage, qui est de montrer combien l’histoire allemande du temps présent a été depuis le début – et reste encore – une histoire pratiquée et influencée par la recherche internationale, principalement anglo-saxonne en fait. La Zeitgeschichtedont il est question ici est définie non pas seulement comme celle portant sur le nazisme et ses causes (ce qu’elle était à l’origine), mais comme englobant l’après-1945 (la question n’étant plus seulement pourquoi le nazisme mais comment on en sort), notamment la dictature est-allemande. C’est donc assez logiquement que ce volume collectif associe des historiens reconnus en Allemagne et à l’étranger, réunissant des articles en langues allemande et anglaise. Ceux-ci ne sont pas classés, mais on peut proposer au terme de cette lecture trois caractéristiques de la German Zeitgeschichte: elle continue à être vivifiée par les débats menés au niveau international, elle adopte de plus en plus une perspective transnationale, et enfin elle est pratiquée par des historiens travaillant facilement à et avec l’étranger.

    En premier lieu, la Zeitgeschichteest donnée à voir comme riche de débats historiographiques qui ont aussi une histoire depuis 1945. Particulièrement intéressante est la mise en perspective par Thomas Schaarschmidt de la discussion du concept de »dictature du consentement«(dictatorship-by-consent) utilisé à propos du nazisme dans différents contextes (dénazification, années 1950, années 1960–1970, après-réunification) jusqu’à l’alternative que représente aujourd’hui le concept de »dictature de mobilisation«(mobilisation dictatorship) pour comprendre non pas pourquoi la population adhère, mais comment elle fonctionne quasiment jusqu’au bout avec le régime hitlérien. La vaste question de la comparaison entre stalinisme et nazisme, qui a structuré le champ dans les années 1990, est présente à travers l’article de Jan Claas Behrends sur le charisme du chef. La fécondité des concepts de »civilisation/décivilisation/recivilisation«en référence au livre de Konrad Hugo Jarausch, »After Hitler. Recivilizing Germany«(2008). Est illustrée par un article d’Annelie Ramsbrock consacré à l’évolution en Allemagne de l’Ouest après 1945 du débat sur la violence en prison conduisant à la réforme du code de procédure pénale en 1976. Quant à l’utilisation historiographique de la notion de »société civile« (civil society), redécouverte depuis 1989 en lien avec le mouvement populaire ayant provoqué la chute du Mur, elle est présentée par Charles S. Maier.

    En deuxième lieu, la Zeitgeschichteest de plus en plus une histoire transnationale: on est passé d’une histoire centrée sur l’Allemagne telle l’histoire de la société que pratiquait Hans-Ulrich Wehler, que replace Michael Geyer dans son contexte et dans la discussion autour du »Primat der Innenpolitik«, à une histoire questionnant depuis la fin des années 1990 le cadre national. L’accent est désormais mis sur les influences, les transferts, les connexions entre plusieurs espaces et à différentes échelles. C’est dans cette ouverture que s’insèrent l’article de Ralf Ahrends sur les patrons ouest-allemands après 1945 comme agents de transferts avec les États-Unis, ou celui de Sandrine Kott sur la politique sociale allemande à travers l’Organisation internationale du travail, ou encore celui de Dorothee Wierling sur la culture juvénile contestataire est-allemande dans les années 1970 à propos de la visite d’Angela Davis en RDA en 1972. La perspective transnationale, si elle insère l’histoire allemande dans des dynamiques économiques, sociales, culturelles à l’échelle du monde, n’invalide cependant pas l’échelle locale comme prisme d’analyse pertinent pour les historiens: c’est ce que démontre une étude de l’importance cruciale de la presse locale en 1900 et dans les années 1970, précisément dans les périodes des première et deuxième globalisations, au cours desquelles les échanges s’internationalisent et les techniques d’information s’accélèrent (Frank Bösch).

    En troisième lieu, la Zeitgeschichteest une histoire qui se prête particulièrement à une analyse en termes de générations. L’histoire du nazisme a donné lieu comme on sait à d’importantes études générationnelles, notamment la mise au jour d’une génération spécifique née au début du XXe siècle, que Michael Wildt a appelée la »génération de l’inconditionnel« (2002). La fécondité de cette approche générationnelle est illustrée ici par une belle étude de cas de Volker Berghahn sur un journaliste de l’exil intérieur, Paul Sethe, de la »génération 32«, qui se bat après 1945 pour la liberté d’expression et manifeste dans les années 1950 des critiques à l’égard de Konrad Adenauer. Participant de ce mouvement de »recivilisation«précédemment évoqué pour l’après-nazisme. La Zeitgeschichteest surtout une histoire pratiquée par plusieurs générations d’historiens, dont certaines éléments des plus emblématiques sont rassemblés dans des interviews croisées en fin d’ouvrage: il s’agit d’Étienne François (né en 1943), de Christoph Klessmann (né en 1938), de Jürgen Kocka (né en 1941) et de Hanna Schissler (née en 1946), qui ont en commun d’avoir passé plusieurs semestres d’études à l’étranger (aux États-Unis, en Angleterre et, dans le cas d’Étienne François, en Allemagne) au cours de leur formation et carrière: ils reviennent de manière personnelle sur les diverses influences scientifiques et rencontres universitaires qui ont marqué leur travail .

    Le livre présente un réel intérêt épistémologique en dépit du caractère éclaté des articles. Malgré la présence de deux Français parmi les auteurs (Sandrine Kott et Étienne François), on peut néanmoins regretter que la question de la part de la France dans cette Zeitgeschichtene soit pas plus commentée et remise en contexte, ne serait-ce que pour expliquer la primauté du monde anglo-saxon.

    Lizenzhinweis: Dieser Beitrag unterliegt der Creative-Commons-Lizenz Namensnennung-Keine kommerzielle Nutzung-Keine Bearbeitung (CC-BY-NC-ND), darf also unter diesen Bedingungen elektronisch benutzt, übermittelt, ausgedruckt und zum Download bereitgestellt werden. Den Text der Lizenz erreichen Sie hier: https://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/4.0/

    PSJ Metadata
    Marie Bénédicte Vincent
    German Zeitgeschichte
    Konturen eines Forschungsfeldes
    fr
    CC-BY-NC-ND 4.0
    Neuzeit / Neuere Geschichte (1789-1918), Zeitgeschichte (1918-1945), Neuere Zeitgeschichte (1945-heute)
    Deutschland / Mitteleuropa allgemein
    Geschichte allgemein, Theorie und Methode der Geschichtswissenschaften
    20. Jh., 21. Jh.
    1900-2016
    Deutschland (4011882-4), Zeitgeschichte Fach (4190605-6), Forschungsgegenstand (4443807-2)
    PDF document lindenberger_vincent.doc.pdf — PDF document, 338 KB
    T. Lindenberger, M. Sabrow (Hg.), German Zeitgeschichte (Marie-Bénédicte Vincent)
    In: Francia-Recensio 2017/1 | 19.-21. Jahrhundert - Époque contemporaine | ISSN: 2425-3510
    URL: https://prae.perspectivia.net/publikationen/francia/francia-recensio/2017-1/zg/lindenberger_vincent
    Veröffentlicht am: 16.03.2017 12:24
    Zugriff vom: 20.01.2020 16:56
    abgelegt unter: